‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 84 sur 116 · G XI V · texte numérisé non relu

G XI V

Aussitôt que le catarrhe suffoquant existe , il faut le combattre par les anti-spasmodiques externes et internes les plus puissans.

M. Quarin conseille dans le catarrhe suffoquant des vieillards , ou il y a une podagre remontée , d'appliquer des vésicatoires aux cuisses ou entre les épaules, et de faire prendre de la gomme ammoniaque, de l'esprit de sel ammoniac et du camphre, J'observe là-dessus , 1° que l'application de ces vésicatoires n'est point à négliger; mais que leur action dans ce cas, est trop souvent fort lente; 2.° que la gomme ammoniaque ne peut être assez eflicace dans l'attaque même du vrai catarrhe suffoquant ; cette gomme , quoique nervine, étant plutôt *incisive des humeurs qui obstruent le poumon, que résolutive de l'état convuisif de ce viscère et des organes de la respiration.

On peut employer avec succès des lavemens où l'on fait entrer le camphre à assez fortes doses , et l'arnica ; remèdes que Storck

302 TRAITÉ a conseillés dans les attaques d'asthme suffoquant.

Les remèdes anti-spasmodiques , dont j'ai obtenu les meilleurs effets dans des catarrhes sufloquans , sont l'esprit de sel ammoniac vineux , le camphre , le musc , l’assa-fœtida , des onctions sur l’épigastre avec un liniment volatil huileux très-fort, des ventouses appliquées au même endroit et sur les bas cotés de la poitrine.

Dans des cas extrêmes, on pourroit avoir recours au cautère actuel, appliqué en diverses parties de la poitrine.

Dans le catarrhe suffoquant goutteux:, il ne faut point négliger l'usage d'autres antigoutteux puissans que ceux qui viennent d'être indiqués , particulièrement de lex-.

trait d’aconit.

Lorsqu'on a dissipé ou du moins fort af-

foibli par ces moyens, l'affection convulsive du poumon et des organes de la respiration, dont le concours a produit le catarrhe suf- #oquant, on doit tâcher de remédier à la congeslion des humeurs sur le poumon, par les incisifs et les expeclorans qui ont été indiqués. |

G XV, Asthme convulsif qoulteux.

Dans l'asthme convulsif ou sec , qui est de nature goutteuse , il ny a que peu ou point de toux et d'expectoration.

Musgrave dit que ceux qui sont affectés de cet asthme, sont souvent dans le plus grand péril, et sont quelquefois promptement suffoqués ; mais que lorsqu'on emploie assez à temps des remèdes convenables, et lorsqu'il se fait une métastase des humeurs ( de la Goutte aux extrémités ), ils peuvent être rétablis tout-à-coup.

Après la saignée , si elle est indiquée par la piéthore ( auquel cas on tire un sang couenneux ) , Musgrave recommande spécialement l'esprit de corne de cerfet d’autres sels volatils. On a conseillé aussi l'esprit volatil huïileux dans des cas semblables. Je remarque qu’un mélange de soufre et de sels volatils étoit un secret de Willis dans l'asthme.

Je crois que ces sels volatils ont dans ces Cas un succès marqué, et quelquefois trésprompt , non parce qu'ils excitent un mouvement du sang qui opère la métastase de

l'humeur goutteuse , que Musgrave avoit en vue; mais parce qu'ils sont des remèdes puissans de l'affection spasmodique , que la Gouite fixe dans les fibres du poumon (1).

Cette affection spasmodique peut être portée à un degré extrême, où elle intercepte la circulation du sang dans le poumon , et où elle arrête la respiration. |

Dans l'accès ou paroxysme violent de l'asthme convulsif goutteux , on doit employer aussi les autres anti-spasmodiques externes et internes, que Jai indiqués en parlant du traitement du catarrhe suffoquant.

Dans les intervalles des accès, ou redoublemens d'une attaque d'asthme convuisif goutleux , on peut obtenir de très-bons effets

(1) La vertu anti-spasmodique des alkalis volatils a été d’abord constatée par Sydenham , qui dit ( Scheduta Monitoria de Novæ Febris ingressu , p. 367), que l'esprit de corne de cerfest le seul remède dont il ait éprouvé un succès assuré dans la fièvre des enfans causée par les douleurs de la dentition.

Simson a de même parfaitement réussi, en donnant une forte dose d'esprit de sel ammoniac , dans un cas où il avoit reconnu que ie spasme du poumon causoit de fortes anxittés d'estomac, ct des maux graves du gerveau, que souffroit le malade.

DES MALADIES GOUTTEUSES. 395 de l’ipécacuanha donné fréquemment à petites doses. Le quinquina peut aussi être efficace pour prévenir les retours de ces accès.

L'usage des narcotiques est absolument conire-indiqué dans l'asthme humoral gout-

eux ; mais ils peuvent être bien placés dans

l'asthme convulsif goutteux. Tralles qui ob-

serve que l'opium rend én général la respi-

ration très-diflicile, et qui en condamne.

l'usage dans l'asthme pituiteux des goutteux { ainsi que dans la péripneumonie arthritique ), le permet dans l'asthme spasmodique des goutteux.

Mais poar approprier ce remède aux difficultés de respiration qui sont de nature goutteuse , et où il peut convenir, il est toujours prudent de le combiner avec d'autres anti-spasmodiques excitans.

Ainsi, il est utile dans l'asthme convulsif goutteux , de combiner l'opium avec l'assafœtida ( surtout chez les femmes hystériques), ou plus généralement avec le camphre , auquel il esi joint dans l'élixir parégorique de la pharmacopée de Londres {qu'on avoit d’abord nommé edixir asthmaticum ).

Liger conseille la thériaque dans les cas

où Ja respiration est empéchée , parce que les articulations des côtes sont affectées de la Goutte. |

Dans l'asthme convulsif goutteux , aussitôt que la nature paroît susceptible de la détermination de la Goutte aux articulations , il faut yattirer la Goutte par des bains de jambes dans l'eau tiède, et par d'autres topiques émolliens appropriés.

Hors des attaques de cet asthme convulsif goutteux et pour en préserver, Musgrave recommande l'usage des martiaux, et celui de la gomme ammoniaque et d’autres gommes résines analogues,

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