CX XIV
Le régime doit être anti-phlogistique , quoiqu'il faille beaucoup moins insister sur les rafraîchissans , que dans l’angine simple inflammatoire. Le malade doit rester hors du lit pendant le jour, et avoir toujours les pieds situés en bas et la tête relevée.
Musgrave propose dans l'esquinancie goutteuse , de faire prendre à la suite des évacuations générales, de grandes quantités de cidre ou de vin du Rhin, vu que ces boissons produisent la Goutte des articulations. Mais cette pratique singulière paroît avoir été dictée par une fausse vue, d'autant
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que ces boissons ne donnent la Goutte articulaire qu'à la suite d’un usage habituel et fort prolongé (1).
Dans les cas extrêmes de l’angine goutteuse , où le malade est menacé d'une prochaine suffocation , et où l’on a employé vainement les moyens qui conviennent à l'angine convulsive , il faut avoir recours à la bronchotomie qu'a conseillée Musgrave (2). |
Loubet (5) dit avoir sauvé par cette opération , faite sans perdre de. temps, une femme de quarante-cinq ans , qui étoit mourante d’une angine arthritique , et chez qui le passage de l'air et des alimens étoit absolument intercepté.
COX, Va
Stoll a parlé d’une difficulté de la dégiutition , dont le principe est goutteux , et qui retient tous les alimens solides dans la gorge ou dans l'œsophage. Mais il n'a rien indiqué
(1) Voyez ce que j'ai ditci-dessus, n.° xy de ce troisième livre.
di (2) Voyez les œuvres de Desault sur la pratique de cette opération. | (3) Lettres sur la Goutte, p. 13.
416 TRAITÉ de particulier sur le traitement de cette affection. ; |
Une dame respectable à tous égards , fut attaquée , pendant long-temps , d'une trèsgrande difficulté d’avaler, que je rapportai à une affection spasmodique de l'œsophage , et que je traitai avec succès par l'opium. J'ai eu lieu de reconnoître depuis , que cette lésion de la déglutition, avoit pu être de nature goutteuse, d'autant que cette dame, qui n’avoil point eu auparavant de Goutte aux articulations , devint quelque temps après sujette à une affection goutteuse dans les doigts des mains.
On peut conjecturer qu'un principe goutteux avoit lieu de même dans des cas semblables et rebelles, de déglutition très-difficile , que Ferrein a vus chez plusieurs femmes , et dont il a publié les observations (1). Il dit avoir très-bien réussi dans ces cas, en faisant donner , après avoir évacué les premières voies , des lavemens avec la fumée de tabac, ou dans lesquels il faisoit entrer de
l'opium.
(1) Dans l'Histoire de l’Académie des Sciences pour l’année 1768. Observ. Anat.
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