‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 90 sur 116 · CX XVII · texte numérisé non relu

CX XVII

Ce n’est que quand la tête a été fort soulagée par des évacuations générales, et quand la détente a sensiblement succédé à l'irritalion vive , qu'on peut donner avec assez de sécurité, des remèdes volatils et cordiaux , dans la vue de pousser la Goutte aux articulations.

Musgrave qui a donné cette règle , qu'il n'a pourtant point assez suivie, dit que dans le traitement des affections goutteuses de la tête, on peut d'autant plus s'abstenir de ces remèdes excitans , qu'ils peuvent être remplacés en grande partie par des céphaliques, téls que la valériane , la teinture de succin , etc.

Les narcotiques sont aussi des remèdes dangereux dans cette maladie , parce qu'ils affectent spécialement la tête, soit par leur action directe sur l'origine des nerfs , soit en excitant le mouvement du sang qui tend à le porter vers la tête.

DES MALADIES GOUTTEUSES. k2x

Les topiques rafraîchissans , comme les épithèmes avec du vinaigre rosat , les lotions de la tête avec l’eau froide, etc., sont en général nuisibles, et peuvent fixer de plus en plus l'humeur goutteuse sur la tête.

Mais les remèdes qui conviennent généralement dans ces affections goutteuses de la tête, sont les anti-goutieux amers et résolutifs , et les épispastiques. Stoll dit fort bien que c’est par les vésicatoires , et par les antigoutteux joints aux eccoprotiques , qu'on doit tâcher de résoudre , d’atténuer et d’éyacuer la matière goutteuse qui cause le mal de tête, lorsqu'on ne peut attirer cette matière aux articulations.

Dès que la nature est susceptible de la détermination de la Goutte aux extrémités inférieures , on doit tâcher de l'y attirer en appliquant au-dessus des articulations qui étoient auparavant occupées par la Goutte, des épispastiques actifs , comme sont des rubéfians chaudement appliqués et renouvelés, les sinapismes et les vésicatoires.

Les cas où il faut appliquer les vésicatoires à la nuque ; et non aux extrémités , sont ceux où la Goutte a été vague et a menacé différens viscères , immédiatement ayant le

gaz TRAITÉ mal de tête goutteux , et où l’on n’a point assez de probabilité de la fixer aux articulations. | Stoll a observé un mal de tête goutteux, qui a une marche périodique. Il affecte violemment la nuit , tous les soirs , ou de deux soirs l'un , à une heure fixe. L'attaque commence avec ou sans froid, fait son cours avec une forte chaleur , et se termine par une sueur abondante vers le milieu de la nuit.

On pourroit prendre ce mal périodique pour une fièvre intermittente masquée, mais il résiste au quinquina , il alterne avec la Goutte ( articulaire } et il est guéri par les anti-goutteux.

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