CIN RUX VIE EE
Musgravé a reconnu , par rapport à l'usage des remèdes internes expulsifs de la Goutte dans cette paralysie, qu'on ne doit en don- ner que de fort modérés , et seulement lorsque le mouvement des humeurs est détourné de la tête , de crainte qu'ils ne causent une congestion plus forte de ces humeurs vers cette partie. |
Des remèdes fortement excitans doivent être donnés sans doute lorsque l'indication dominante est de soutenir les forces. Ils ne sont bien placés dans cette paralysie, lors:
même que l'humeur goutteuse est déjà sensiblement détournée de la tête, qu’autant qu'il y a manifestement un haut degré d'’affoiblissement dans tout le genre nerveux.
Dans toute espèce de paralysie goutteuse, aussitôt que la nature est susceptible de la détermination de la Goutte aux extrémités , il faut appliquer avec persévérance des rubéfians et d'autres topiques attractifs , dont on peut graduer l'activité, sur ou auprès de l'articulation qui a été le plus souvent affec- tée de Goutte.
On peut espérer d'autant plus de succés de ces attractifs, qu'on a vu le retour de la Goutte aux pieds guérir subitement telle paralysie qui avoit été jugée incurable. ( Sauvages en a donné un exemple.)
Quand on est parvenu à faire naître une tumeur goutteuse au-dessus des articulations , Musgrave dit qu'il faut appliquer sur cette tumeur un vésicatoire qui puisse évacuer l'humeur goutteuse , et en empêcher la répulsion. Mais, comme il a été dit ci-dessus , il est beaucoup. plus convenable dans cette vue, de placer le vésiçatoire à côté, et non au-dessus de l'articulation affectée.
Pour préserver des retours de Ja paralysie
DES MALADIES GOUTTEUSES, h4t
goutteuse , où le cerveau a été affecté, Musgrave recommande avec raison de tenir soigneusement le ventre libre, et d'établir un cautère au bras ou au dos. |
Il dit aussi qu'à la suite de cette paralysie, dès qu'on voit se développer dans le sang des mouvemens de l'humeur de Goutte , il faut donner un purgatif énergique , si rien ne s'y oppose, puis deux ou trois fois par jour, cinq grains de fer réduit en poudre fine , et peu de jours après faire appliquer un topique attractif aux articulations , jusqu'à ce qu'il y ait appelé et fixé la Goutte.
Musgrave a observé que dans la paralysie goutteuse, lorsque les nerfs de l'estomac sont affectés, le malade perd l'appétit , a un dégoût opiniâtre, ne fait point de digestions, de sorte que ses humeurs ne peuvent être réparées , il tombe dans un marasme mortel.
Musgrave dit aussi que lorsque la paralysie goutteuse survient à la colique bilieuse , ou qu'elle se complique avec d'autres affections de la bile , la faim est presque éteinte , et le corps s’exténue ; le malade a une teinte iclérique dans le blanc des yeux , et dans
toute la peau qui est sèche et ne transpire point. A 5
Dans la paralysie qui survient aux affections goutteuses de l'estomac, la boisson des eaux chaudes sulfureuses peut être trèsuliie , mais souvent elle ne l'est que dans une première attaque de cette paralysie. C'est ainsi qu'on a vu dans ces cas que la boisson des eaux de Bath ayant guéri une première attaque de cette paralysie , avoit été inutile dans les reprises suivantes ( et j'en ai vu un exemple ), et même quelquefois à la seconde ou à la troisième reprise , avoit causé une apoplexie mortelle.
Il est probable que l'action stimulante de ces eaux, qui avoit été d'abord modérée et salutaire , se trouvoit être dans des attaques suivantes , ou trop foible par un effet de l'habitude, ou trop forte par une excitation vive de la sensibilité à ce genre de remède qu'avoient laissée ses premières impressions. On connoît des effets analogues qu'ont les répétitions de l'émétique et d’autres remèdes puissans, surtout chez des personnes d’une consiitution foible et délicate.
Dans la paralysie qui succède à la colique arthritique , on doit employer la boisson et
les bains ( non trop chauds ) des eaux thermales appropriées , lorsqu'on est fondé à croire que l’humeur goutteuse a été en trèsgrande partie expulsée par les évacuans des premières voies, et par les diaphorétiques.
Les eaux thermales salines du Mont-d'Or peuvent y être particulièrement utiles, à raison de la grande quantité d’air fixe qu’elles renferment. |