TRAITÉ CXXX VE
Je finirai cet article en observant que l'apoplexie goutteuse peut être d’une nature essentiellement périodique.
Je trouve dans Musgrave (1) un exemple remarquable , d'une apoplexie goutteuse ,.
dont le second accès qui fut mortel ; revint au quatrième jour, et qui étoit très-probablement d’une nature périodique , qui ne fut point soupçonnée par Musgrave.
Le périodisme essentiel dans une apoplexie goutieuse , peut être marqué dans les jours intermédiaires des accès, ou lucides, moins encore parce que les urines sont briquetées , ou parce quil existe d'autres signes qui rapprocherit les maladies périodiques des fièvres intermittentes ; que parce que tandis qu'il peut persister des symptômes d'une lésion dans les organes digestifs, ou autres qui ont été primitivement affectés, il y a après l'attaque une cessation soudaine et complète de la maladie de la tête, quoiqu'on nait employé aucun remède principal autre qu'évacuant, et sans qu'il y ait eu
(1) Au chap. de Apoplexià Arthriticä ; hist. 1v.
DES MALADIES GOUTTEUSES. 433 de crise spontanée, ni déterminée par l’art.
Je. pense que c’est dans des cas semblables que le quinquina peut sauver les malades, étant donné aux jours intermédiaires des acces périodiques. Dans tels même de ces cas où l’on peut douter si l’on a des signes suflisans du périodisme essentiel , on ne peut rien risquer de donner aux jours lucides , le quinquina, qui est d’ailleurs un anti-goutteux. | J'ai eu regret plus d'une fois de ne l'avoir pas donné dans d’autres maladies graves, dont on n'avoit pu prévoir le retour périodique, qui étoit ensuite manifesté par l’événement, tandis que ces maladies n'étoient point. de nature à contre-indiquer l'usage du quinquina. |
CX XX VITL
Paralysie goutteuse.
Je distingue deux sortes de paralysie goutteuse , suivant que la Goutte qui la produit a son siége dans le cerveau ou dans les origines communes des nerfs, ou bien dans les nerfs propres des muscles ou des autres parties qui sont paralytiques ( et celle-ci pour roit être appelée locale )..
D'après ce qui a été dit sur les méthodes analytiques du traitement de l'apoplexie goutteuse , il est facile de voir les méthodes, analogues qui conviennent au traitement, de la paralysie goutteuse causée par une affection du cerveau. :
Dans l'invasion de cette paralysie goutteuse, s'il y a pléthore, si le pouls est fort , et sil ny a point de contre-indication, Musgrave conseille avec raison de saigner du bras ou de la veine jugulaire , ou bien de tirer du sang par des scarifications faites sur des parties du dos où l'on ait auparavant appliqué des ventouses. La saignée est particulièrement indiquée dans les paralysies , dont la cause est goutteuse-rhumatique.
Musgrave dit qu'après la saignée il faut presque toujours donner des purgatifs , et ce conseil est très-fondé.
Musgrave conseille, après les évacuations générales , de faire user de gargarismes qui, procurent une salivation continuelle, d’'ap:
pliquer un vésicatoire sur la moitié de la partie postérieure du cou, et de l'emplâtre de cumin sur la tête rasée.
Mais ces remèdes destinés à opérer une dérivation salutaire des humeurs , ne sont
assez sûrement indiqués , que lorsqu'on a déja déterminé , et qu'on peut rendre constantes les révulsions produites , soit par l’action des purgatifs , Soit par le mouvement de la Goutte sur les articulations.
Hors de ces circonstances, ces gargarismes et ces épispastiques qui dérivent les humeurs de la tête, sont sans doute des remèdes qu’on a pu employer avec succès dans plusieurs cas ; mais alors on doit toujours regarder comme équivoques les effets de ces gargarismes , et plus encore ceux de ces vésicatoires locaux.