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C'est dans l'état devenu chronique de la paralysie goutteuse, qui est fixée dans les nerfs par une affection , soit primitive , SOLE consécutive de celle du cerveau , que peuvent convenir ( à la suite dès remèdes précédens } les remèdes atténuans , fortifians et résolutifs. Musgrave conseille de tels remèdes dans cette paralysie , pour dégager les
446 TRAITÉ nerfs de la matière morbique qui les a pénétrés , et qui y est retenue.
De ces genres sont les décoctions de gaïae et de sassafras , et d'autres diaphorétiques qui sont pareillement anti-goutteux , jointes aux préparations de mars , aux frictions, aux bains chauds , etc. Cependant il faut observer avec Musgrave, que le trop grand usage de ces remèdes échauffans fait survenir à l'état de foiblesse radicale, de l'inquiétude , de l’insomnie , et une espèce de fébricitation presque continuelle ( état dans lequel les eaux ferrugineuses diurétiques peuvent être fort utiles }).
Les diaphorétiques ne sont pas les seuls résolutifs qui peuvent être efficaces dans l'état chronique de la paralysie causée par une humeur de Goutte fixée dans les nerfs.
J'ai lu (1) deux observations de M. Hoffmann de Munster, sur des cas où il guérit par les frictions mercurielles, une paralysie des mains et des pieds , qui étoit venue à la suite d'une Goutte invétérée. Cependant on peut douter encore , si, chez ces malades , la
(1) Dans l’AUgemeine Deutsche Bibtiothef: , tom. LXXXI , De 1119. ‘
DES MALADIES COUTTEUSES. hs
Goutte dans sa formation navoit pas été compliquée d'un virus vénérien.
Musgrave a rapporté une observation de paralysie goutteuse chronique, qui est rare, et qui me paroit mériter beaucoup d'attention. a
Un homme , sujet depuis quelques années à des attaques régulières de podagre, fut mordu par un chien qui étoit peut-être enragé. À la suite de cette morsure, il ressentit un grand feu dans tout le corps , souffrit diverses lésions de l'intelligence , et fut pris d'une paralysie des mains et des pieds. Mais les attaques de Goutte qu'il avoit auparavant deux ou trois fois l’année, cessèrent entièrement pendant trois ans. Ainsi l'humeur de la Goutte s'étoit portée sur les nerfs, peutêtre par l'effet du venin de la rage ,et peutêtre aussi par le trouble de l'ame qui suivit la morsure.
. Musgrave ayant reconnu ceite cause, fit prendre pendant long-temps trois fois par jour , deux onces de décoction de quinquina chalybée , et, faire en même temps un exercice convenable. Ce traitement releva les forces , rappela les accès réguliers de la
h48 TRAITÉ Goutte, et rétablit toutes les fonctions de l'ame et du corps. AR