‹ Traité des maladies infectieusesChapitre 12 sur 70 · QUI SE TROUVENT CHEZ LE MÊME ÉDITEUR · texte numérisé non relu

QUI SE TROUVENT CHEZ LE MÊME ÉDITEUR

ï^eçons sur la scrofule, considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritis. 1 vol. in-8, 2« édition, revue et considérablement augmentée. Paris, 1861 7 fr. 50

I^eçons tuéoriques et cliniques sur les affections cutanées parasitaires, professées à l'hôpital Saint-Louis par le docteur Bazin, rédigées et publiées par A. Pouquet, interne des hôpitaux, revues et approuvées parle professeur. 2« éd., revue et augmentée. 1 vol. in-8 orné de 5 pi. sur acier. 1862 •

I^eçons théoriques et cliniques sur la syphilis et les syphilides, professées à l'hôpital Saint-Louis par le docteur Bazin. 2« édit., publiée par le docteur Dubuc, ancien interne de l'hôpital Saint-Louis, revue et approuvée par le professeur. Paris, 1866. 1 vol. in-8, accompagné de

Il magnifiques planches sur acier, figures sépia 8 fr.

Figures coloriées. 10 fr.

I^eçons théoriques et cliniques sur les affections cutanées de nature arthritique et dartreuse considérées en elles-mêmes et dans leurs rapports avec les éruptions scrofuleuses, parasitaires et syphilitiques, professées à l'hôpital Saint- Louis par le docteur Bazin, rédigées et publiées par L. Sergent, interne des hôpitaux, revues et approuvées par le professeur. Paris, 1866. 1 vol. in-8 ^ fr.

I^eçons théoriques et cliniques sur les affections cutanées artincielles et sur la lèpre, les diathèses, le purpura, les difformités de la peau, etc., professées à l'hôpital Saint-Louis par le docteur BaziN, recueillies et publiées par le docteur Guérard, ancien interne de l'hôpital Saint-Louis, revues et approuvées parle professeur. Paris, 1862.

, , . o 6 fr.

1 vol . in-8

Kxamen critique de la divergence des opinions actuelles en pathologie cutanée, professées à l'hôpital Saint-Louis par le docteur Bazin, rédigées et publiées par le docteur Langronne, revues par le professeur. 1 vol. in-8. Paris, 1866 3 fr. 50

I^eçons sur le traitement des maladies de la peau par les eaux minérales. 1 vol. in-8. Paris, 1868

Paris. — Imprimerie de E. Martinet, rue Mignon, 9.

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^lle devient continue ; on peut enfin se demander s'il n'y a pas une intoxication palustre particulière qui donne lieu au développement, non de la fièvre intermittente, mais de la fièvre continue, et cela en raison de la qualité du miasme.

§ 76. Formes légères de la ficTre rémittente. — Les formes légères de la fièvre rémittente, de ce qu'on a appelé la bilieuse rémittente, appartiennent surtout à la seconde catégorie de celles que nous venons de décrire. Elles régnent fréquemment avec une extension considérable dans les contrées à fièvres après les étés chauds, comme par exemple en 1826, et une grande partie de ces épidémies consiste souvent dans des cas de simple catarrhe gastrique et intestinal ou d'ictère catarrhal, la maladie revient alors, ce ne sont pas les rhythmes fixes de la fièvre intermittente, c'est plutôt une exacerbation rhythmique; les choses se passent ainsi dans la majorité des cas ; le développement de la maladie est souvent rapide, le malade en éprouve vivement la sensation, il est atteint de fièvre et de gastricité; la tuméfaction de la rate survient bientôt, puis c'est un ictère léger avec des selles irrégulières et souvent décolorées, fréquemment de l'herpès labial. Dans les cas un peu développés, le malade est eu proie à un affaissement général, il éprouve de violentes douleurs dans la tête et les membres, puis du vertige, des bourdonnements d'oreilles, un peu d'épistaxis même, parfois de la bronchite ; ces cas, qui ressemblent extraordinairement à un typhus moyen, ont contribué çà et là à recommander l'emploi de la quinine dans le typhus. La fièvre a une marche telle que, la plupart du temps, elle présente des exacerbalions assez irrégulières au début, tantôt tierces, tantôt quotidiennes ou deux fois le jour, une période de sueurs survient ensuite avec une amélioration dont le malade a conscience ; souvent un frisson manifeste marque le début de l'exacerbation, elle se termine régulièrement par la période de sueurs, un rhythme régulier se produit, en un mot une véritable fièvre intermittente se constitue et la maladie peu à peu passe ainsi ou directement à la guérison. La durée en est de 3 à 10 jours jusqu'à trois semaines ; un fait intéressant à noter, c'est que l'ictère, lorsqu'il existe, augmente au moment des paroxysmes et diminue de nouveau dans l'apyrexie.

§77. Formes moyennes. — Les formes un peu graves s'observent sur •nos côtes de la mer du Nord en Hollande, en Hongrie surtout, en Italie, dans le nord de l'Afrique, dans beaucoup de contrées du nord de l'Amérique; elles consistent en une fièvre continue, fortement rémittente à quelques époques de la maladie, on observe alors une tuméfaction de la rate, une rapide coloration terreuse de la peau, de la faiblesse générale, un état typhoïde que traduisent la sécheresse de la langue, la stupeur et le délire; des symptômes bilieux bien accusés existent fréquemment, mais ils ne sont pas constants ; on observe souvent en même temps d'autres localisations importantes, de la parotide, de la pneumonie, delà dyssenterie, une splénite intense; dans <îuelques cas on pourra soupçonner quelques complications pernicieuses,

on constatera des états légèrement comateux, un début d'algidfté avec des sueurs froides, un frisson intense avec les douleurs les plus violentes à l'épigaslre et aux membres. Les rémissions sont souvent plus marquées au début que dans la suite, alors qu'une fièvre adynamique continue, comme cela a lieu dans la deuxième période de la fièvre typhoïde, peut durer plusieurs semaines, entretenue qu'elle est par des lésions locales secondaires, ou par de nouvelles altérations consécutives du sang. Le cours du processus primitif paraît assez bien limité, il est de 7 à 14 jours ; la guérison est toujours la suite d'une rémission complète et de sueurs copieuses, les récidives sont fréquentes, et plusieurs semaines après une véritable fièvre intermittente se développe quelquefois; la mort peut survenir tout d'un coup au milieu de symptômes dits pernicieux.

§ 78. Formes g^raves. — La fièvre rémittente peut acquérir ses degrés les plus élevés, soit en raison de conditions constitutionnelles ou extérieures très-défavorables, telles qu'un traitement affaiblissant, des influences septiques, etc., soit par suite de complications d'accidents pernicieux intenses. La maladie peut naturellement présenter un tableau très-varié; les formes les plus graves de la fièvre rémittente débutent souvent avec des symptômes d'une haute intensité, le malade est saisi tout à coup d'une prostration profonde, il éprouve un vertige intense, des douleurs à l'estomac et aux lombes, quelquefois un rapide collapsus même avant l'arrivée de la chaleur de la fièvre ; survient ensuite une chaleur intense, brûlante, pendant que souvent les doigts et les orteils restent froids, des douleurs parcourent les membres et les articulations, la langue se sèche rapidement. Des exacerbations irrégulières et de peu d'importance se répètent dans le cours de la première semaine ; une amélioration générale ne survient-elle pas alors, le malade tombe dans un état typhoïde sans rémissions appréciables, la faiblesse est extrême, il y a de l'apathie, souvent du délire, la langue se charge d'enduits fuligineux, la peau devient souvent ictérique, on observe de l'épistaxis, des pétechies, même des hématémèses, l'urine est plus ou moins chargée de sang ou d'albumine, la sécrétion urinaire peut même se supprimer complètement pour un temps; dans d'autres cas on observera des lésions intestinales dyssentériques ou cholériformes, une tuméfaction considérable du foie et de la rate, même la formation d'abcès dans ces organes, des collections purulentes dans les cavités séreuses, de la pneumonie, de l'œdème partiel (coagulation dans les veines?), de la gangrène des parties extérieures; la mort en est la terminaison ordinaire, souvent elle survient alors au milieu d'états algides, comateux ou convulsifs. — Les formes de la fièvre rémittente se produisent avec de l'ictère, avec une injection de la conjonctive, de l'hématémèse, de la suppression urinaire et du coma non-seulement dans les pays tropicaux, dans les Indes occidentales ou orientales, sur les côtes de l'Amérique du Sud, etc., mais encore dans la Méditerranée, même en Hollande (Thussinck, Sébastian), leur symptomatologie se rapproche de celle de la fièvre jaune;

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cependant ces dernières maladies offrent une marche différente, la rate est bien plus constamment tuméfiée; les lésions anatomiques surtout aussi bien que leurs causes diffèrent tout à fait. Au reste, les processus morbides rémittents offrent dans leur expression symptomatique et dans leur marche tant de modifications que leur description ne saurait être épuisée; Sénac nous a décrit pour une seule épidémie des phénomènes extrêmement variés comme on en trouve seulement aujourd'hui, mais disséminés çà et là dans beaucoup d'observations de fièvres des pays chauds.

Les lésions consécutives de la fièvre rémittente sont les mêmes que celles de la fièvre intermittente, la cachexie, la tuméfaction chronique de la rate et du foie, l'hydropisie, la désorganisation lente de l'appareil digestif, les maladies du cerveau et des nerfs : telles en sont les suites.

§ 79. liésions anatomiqneSj leur nature spéciale et caractéristique .

— Je me suis efforcé de rassembler le plus de faits possible sur l'anatomie pathologique de ces processus rémittents et je les ai comparés dans de nombreuses épidémies et sur des contrées du globe les plus diverses; ils sont insuffisants pour nous fournir au point de vue concret une connaissance des modifications variées du processus et de ses rapports avec la symptomatologie, mais ils m'ont au moins donné ce résultat, que les lésions trouvées après la mort concordent tout à fait avec celles que l'on constate dans les fièvres intermittentes pernicieuses ; l'anatomie pathologique, et c'est là le point que l'on pouvait mettre en doute, vient donc confirmer l'identité de ces deux formes; avant tout cette concordance se traduit par l'accumulation de pigment dans les organes intérieurs ; le cerveau et sa substance corticale présentent une coloration obscure, c'est ce que constata Stew^ardson dans le nord de l'Amérique, Maillot en Algérie, Wilson en Chine, mais, de même que dans la fièvre intermittente, cette pigmentation n'est pas constante. Les anciens observateurs avaient déjà signalé la présence du pigment dans le foie; Ghisholm avait remarqué que le foie dans les fièvres rémitteates des Indes occidentales présentait quelquefois la couleur du liège pourri ; Thussinck, dans l'épidémie de Groningue en 1826, donnait au foie une couleur grise cendrée, les dénominations récentes de foie bronzé, olivâtre, gris ardoisé (Stewardson, Andersen, Prick, Drake), se rapportent toutes à des dépôts pigmeutaires. — La rate se comporte encore comme dans la fièvre intermittente, parfois elle est normale, souvent sa tuméfaction récente est modérée, mais çà et là on constate une hypertrophie considérable de cet organe pouvant même aller jusqu'à sa rupture; la coloration du tissu splénique est souvent presque noire, il est mou et se déchire facilement, des points d'inflammations et de petits abcès ont été souvent observés dans quelques épidémies. Les reins peuvent aussi offrir de la pigmentation, la couleur du plomb, c'est ce qu'ont constaté quelques observateurs (Thussinck), l'urine parfois contient du sang ou de l'albumine et nous décèle ainsi des lésions fréquentes. Les faits ne nous montrent pas seulement l'identité de cette fièvre avec

les processus intermittents, mais ils établissent de plus, au point de vue anatomique, une distinction imporlante avec les maladies qui se traduisent par un appareil symptomalique typhoïde, et en particulier avec la fièvre typhoïde bilieuse et la fièvre jaune.

Quant aux autres lésions cadavériques, nous avons à mentionner la fréquence de l'ictère tantôt avec obstruction des voies biliaires, tantôt avec une accumulation considérable de bile dans l'intestin; le foie est fréquemment infiltré de bile, et la muqueuse de la vésicule biliaire présente parfois un processus croupal diphthéritique ; nous signalerons ensuite la fréquence du catarrhe gastrique et intestinale, les lésions dyssentériques du gros intestin, l'hémorrhagie assez fréquente de l'estomac (Burnett, Bryson, Gameron) , les infarctus hémorrhagiques très-rares des poumons, la pneumonie lobulaire, la mollesse et la perte de consistance du tissu musculaire du cœur.

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