‹ Traité des maladies infectieusesChapitre 42 sur 70 · TYPHOÏDE BILIEUSE · texte numérisé non relu

TYPHOÏDE BILIEUSE

§ 331. Traitement; utilité du sulfate de quinine. — Un certain désaccord qu'on ne saurait expliquer existe aujourd'hui parmi différents

SYiMPTOMÂTOLOGIE. 361

observateurs sur un point important, sur un seul résultat thérapeutique ; mais sur d'autres points, l'accord règne d'une manière complète.

Les cas simples, dont le cours présente une intensité moyenne, réclament le repos, la propreté, un air frais et pour le reste le traitement du symptôme ; une nourriture légère doit être prescrite dans beaucoup de cas dès le début, autant que l'état des organes digestifs le permet ; les éméliques paraissent plutôt nuisibles qu'utiles, les purgatifs sont indiqués; les ventouses scarifiées à la région splénique, le nitre, les poudres effervescentes, l'opium peuvent être employés suivant les circonstances. Lorsque le coUapsus menace de s'établir, ou existe déjà, on donnera de suite du vin en abondance, du punch, etc. ; lorsqu'il y a des symptômes urémiques évidents, on administrera les acides végétaux, les diurétiques, les purgatifs. Le développement du second accès fébrile ne saurait être prévenu d'après les observateurs anglais, ni par les mesures diététiques, ni par la quinine, l'arsenic, la bébeerine, etc. La quinine a-t-elle été employée assez souvent et à doses considérables suffisantes, c'est une question qu'on ne saurait résoudre ; quelques auteurs disent qu'elle rend de bons services dans les cas prolongés quand elle est associée au fer. — Quant à ce qui regarde le traitement de la typhoïde bilieuse par la quinine, je puis assurer (1) que la quinine a ici la même efficacité que dans la fièvre intermittente et que les cas les plus graves tournent en peu de temps d'une manière étonnante à la guérison, alors que le volume de la rate diminue rapidement. Je crois donc devoir recommander de la manière la pins pressante l'usage de la quinine, on administrera le sulfate en solution à dose considérable 0^'', 75-2='' par jour, de préférence par la bouche et l'anus. Du reste il arrive que le processus morbide n'est pas coupé dès le début par la quinine; il est même utile de donner à la première périodj de la maladie des purgatifs légers, des purgatifs salins, de l'huile de ricin, de la crème de tartre, etc., et de ne prescrire ensuite le sulfate de quinine qu'à l'époque du début de l'ictère; cet alcaloïde doit être en tout cas continué pendant plusieurs jours. Le traitement symplomatique contre chaque trouble particulier est connu. La dyssenterie dans le cours de la typhoïde bilieuse me paraît surtout être modifiée heureusement par le calomel et l'huile de ricin. — Le traitement des maladies consécutives n'a rien de particulier. Les conditions hygiéniques doivent être prescrites d'une manière générale; les corps de troupes malades doivent être disséminés et changer de résidence, les individus atteints seront autant que possible éloignés dès le début du lieu de la maladie.

(1) Archiu fur Heilkunde, 1853.

Page 1