‹ Traité des maladies infectieusesChapitre 41 sur 70 · SYMPTOMATOLOGIE. — ANALYSE DE QUELQUES PHÉNOMÈNES MORBIDES · texte numérisé non relu

SYMPTOMATOLOGIE. — ANALYSE DE QUELQUES PHÉNOMÈNES MORBIDES

§ 327. De la fièTre; sa nature. — Le cours de la maladie offre parfois une récurrence bien accusée; il se traduit par deux, et même par trois et quatre accès, et s'accompague d'une rémission caractéristique; mais souvent la maladie est continue, surtout lorsque, comme dans l'épidémie que j'ai observée, des localisations multiples et graves se forment dès le début ; cependant, des indices évidents de rémission surviennent parfois sous forme de sueurs profuses et font place ensuite à des exacerbations violentes ; la diminution et Taugmentation nouvelle du volume de la rate peuvent être souvent constatées d'une manière évidente. La période ultérieure, typhoïde dans le sens restreint du mot, doit être envisagée comme produite par des altérations secondaires du sang et des organes, à peu près comme cela a lieu dans le choléra typhoïde. Les auteurs, ayant écrit sur la forme la plus légère, sur la fièvre à rechutes, ont toujours signalé, dans les grandes épidémies, un nombre de cas qui se prolongent avec cet état typhoïde.

L'intensité considérable de la fièvre, les douleurs violentes des membres^ la fréquence et la longue durée du vomissement, l'hypertrophie intense de la raie, tout cela correspond à ce qui a lieu dans la récurrente. L'herpès exanthématique se développe de même fréquemi^'ent au visage ; très-rarement, presque jamais la roséole n'existe. Dans la fièvre bilieuse comme dans la fièvre récurrente, on observe, vers la fin de la première semaine, un affaiblissement rapide du pouls, lorsque le premier orage fébrile de beaucoup le plus fort est passé. Cependant, j'ai pensé qu'on devait le rapporter à l'ictère, et nullement le considérer comme un symptôme de rémission, puisqu'il survient souvent sans autre signe d'amélioration.

Le sang que j'ai recueilli, à l'aide de ventouses scarifiées, m'a souvent présenté une coloration d'un rouge clair; Christison avait fait la même remarque au sujet du sang de la saignée dans la récurrente.

§ 328. Ictère^ sa nature. — Pas plus que dans la fièvre jaune, Tictère ne saurait dépendre ici d'obstacles au flux biliaire, bien que, dans l'une comme dans l'autre maladie, le catarrhe des voies biliaires puisse exister par quelque rare exception. Comme dans la fièvre jaune, nous constatons encore une dégénérescence graisseuse du foie, mais sans pouvoir expliquer par elle le développement de la cholémie. Cette maladie présente, avec la

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fièvre jaune, des analogies très-grandes; la lésion du foie est commune, des hématénièses abondantes s'y produisent parfois, l'urémie y est fréquente ; dans beaucoup de parties de son cours, la ressemblance est frappante ; il suffit de se reporter au premier accès fébrile et à la rémission dans la fièvre jaune ; mais, d'autre part, il y a, entre ces deux maladies, une différence capitale ; la lésion de la rate, propre à la typhoïde bilieuse, n'existe point dans la fièvre jaune; cette lésion est essentiellement caractéristique pour la typhoïde bilieuse, et le processus fondamental doit être considéré par suite comme tout à fait différent.

§ 329. Troubles uriiiaires, urémie. — Dans un nombre de cas relativement peu considérable, l'urine contient de l'albumine et du sang par suite d'une affection aiguë du parenchyme rénal. Son aspect est très-variable, au plus fort de la maladie une urine rare et foncée alterne quelquefois tout d'un coup avec une urine aqueuse et abondante. Une partie des symptômes graves de la période avancée de la maladie, les crampes générales surtout, telles que Lange les a observées, la somnolence et le vomissement tardif, doivent être rapportés à l'urémie, qui se lie souvent à la cholémie comme dans la fièvre jaune, et vraisemblablement se complique fréquemment ici d'une infection pyémique du sang.

§ 330. îdurée, mortalité. — La durée de toute la maladie fut en moyenne de 10-14 jours dans les cas que j'ai observés et qui avaient surtout une marche continue; les cas de guérison ou de mort av-aient lieu du reste assez souvent, après 5 à 6 jours. Il semble que les processus de la typhoïde bilieuse comprennent aussi beaucoup de cas légers, ils se comportent en partie comme ceux de la récurrente ; lorsque la chute n'arrive pas, ils ne se laissent point distinguer avec certitude de la fébricule des autres maladies typhoïdes. Les symptômes sont-ils suffisamment développés pour que la maladie paisse être considérée comme une typhoïde bilieuse, le pronostic de la maladie est toujours très-grave. Dans les observations de Lange, la mortalité fut des deux tiers; Larrey eut aussi un nombre très-considérable de morts, dans les cas que j'ai traités la mortalité fut également très-considérable, lorsque le traitement consistait dans l'expectaiion, mais il fut très-faible, lorsque j'eus employé de fortes doses de sulfate de quinine.

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