‹ Traité des maladies mentaleChapitre 124 sur 500 · ÉTIOLOGIE.— MENSTRUATION. — AGE CRITIQUE. — GROSSESSE, ETC · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE.— MENSTRUATION. — AGE CRITIQUE. — GROSSESSE, ETC

ordres, dis-je, sont bien dus à des causes maladives. Cependant la désignation de causes physiologiques m'a paru justifiée par les conditions particulières où se trouve la femme à certaines périodes de son existence. Le développement de la puberté chez les jeunes filles, l'apparition des règles, leur cessation à l'âge critique, la grossesse et l'accouchement, ne sont pas regardés comme des maladies. Ce sont là des fonctions inhérentes au développement de l'existence chez la femme, fonctions de la dernière importance, comme personne ne saurait en douter, et dont l'accomplissement ne se fait pas sans qu'il en résulte quelques modifications dans le caractère et les habitudes de la femme. Si donc ces modifications ont lieu lors même que les fonctions dont il s'agit s'accomplissent de la manière la plus normale, il n'y a pas lieu de s'étonner si certaines bizarreries et anomalies de caractère, si des tendances à l'abattement moral et à la tristesse, si des perversions dans les appétits, phénomènes que l'on remarque si souvent chez les femmes menstruées ou enceintes, peuvent se présenter à l'observation sous des formes bien plus graves. Ces formes se rapportent à la mélancolie avec tendance au suicide, à la suspension des facultés intellectuelles portée jusqu'à la stupeur, à une sorte d'idiotisme dans quelques cas, et dans d'autres enfin à l'exaltation maniaque. Dans quelques circonstances enfin, il n'existera pas de délire proprement dit; la malade répondra avec calme et tranquillité à vos questions, mais elle aura , sans pouvoir s'en rendre compte, une propension à des actes insensés, pervers et tous empreints de ce caractère d'irrésistibilité maladive qui se traduit par le vol, l'incendie, le meurtre et le suicide.

Ce sont là des situations qui intéressent également la physiologie et la psychologie des affections nerveuses. D'un autre côté, la thérapeutique de la folie et la médecine légale des aliénés puisent, clans l'observation de ces faits, des données très importantes, et la désignation de causes physiologiques, sous la dépendance desquelles je place les phénomènes anormaux qui vont nous occuper, ne saurait leur enlever le caractère pathologique qui préside à leur évolution. Je n'ai en vue, dans les considérations qui vont suivre, que de porter spécialement l'attention sur des troubles cérébraux qui sont dans des rapports si intimes avec une fonction physiologique naturelle. Je désire démontrer qu'une foule d'influences de l'ordre physique et de l'ordre moral peuvent pervertir ces fonctions naturelles, et déterminer dans la sphère cérébrale ces anomalies extraordinaires qui, sous les noms de troubles sensoriaux, désordres de l'intelligence et des sentiments, actes irrésistibles, etc., rentrent dans la spécialité des études que nous poursuivons.

Afin de mettre de l'ordre dans un sujet aussi important, j'examinerai

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