‹ Traité des maladies mentaleChapitre 152 sur 500 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DE LA MANIÈRE D'INTERPRÉTER LE PHÉNOMÈNE CAUSE. ESSAI DE CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES.

Nos recherches étiologiques nous ont suffisamment démontré que si les causes prédisposantes et déterminantes de la folie n'amènent pas les mêmes conséquences chez tous les individus, il est néanmoins impossible de nier leurs effets chez ceux qui, sous l'influence de ces causes, deviennent aliénés.

Nous avons vu, dans une foule de circonstances, que des affections telles que la méningite, la phthisie, la pneumonie, la fièvre typhoïde, les hypertrophies du cœur, etc., que des impressions morales telles que la crainte, l'amour, l'exaltation du sentiment religieux, que toutes les passions, en un mot, peuvent occasionner la folie. Mais, encore une fois, il ne s'en suit pas nécessairement que tous ceux qui sont soumis à ces causes deviennent aliénés, ou soient même menacés de folie. La raison en est évidente. Les causes que nous avons généralement désignées sous le nom de causes déterminantes ou occasionnelles ne provoquent pas la folie d'une manière absolue ou nécessaire. Les causes dites spécifiques, quelques affections cérébrales idiopathiques , comme celle qui constitue la paralysie progressive, ont seules le pouvoir de produire nécessairement le trouble permanent des facultés intellectuelles dans quelques circonstances déterminées.

Quant à ce qui regarde l'action des autres causes, il est en outre indis-

(1) Recherches sur la folie pénitentiaire [Annales médico-psychologiques, t. XXI, p. 28), par M. le docteur Sauze, médecin-adjoint de l'asile des aliénés de Marseille, médecin de la prison cellulaire de cette ville.

Page 1