‹ Traité des maladies mentaleChapitre 178 sur 500 · SYMPTOMATOLOGIE. — VOIX. — PERTE DE LA PAROLE · texte numérisé non relu

SYMPTOMATOLOGIE. — VOIX. — PERTE DE LA PAROLE

mêmes se rendent compte du bien-être de leur position ; leurs membres ont plus de souplesse ; et si quelques-uns éprouvent encore une grande faiblesse, ils ne se plaignent plus de cette tension douloureuse de tout le système musculaire qui était un des symptômes caractéristiques de leur état de souffrance.

C'est dans la stupidité, l'extase et la catalepsie, que l'on observe certains états musculaires dignes d'être notés. Mais comme ces situations névropatliiques extraordinaires sont plutôt des complications de la maladie principale, je veux dire du trouble primitif des facultés, nous remettons à en faire mention alors que nous décrirons la marche et les complications de la folie.

§ IV. — Voix, parole; perte de la parole.

Je ne veux parler dans ce paragraphe que des altérations que subit la voix dans certaines altérations névropathiques, ainsi que des modifications amenées dans la parole sous des influences analogues. Je ne ferai, pour l'instant, aucune allusion à la nature des idées chez les aliénés. L'indication symptomatique qu'il y a à déduire de ce dernier fait trouvera sa place plus naturelle dans l'étude des symptômes de l'ordre intellectuel et moral chez ces malades.

Voix. — Certaines névroses impriment à la voix des modifications particulières. Ceci est un phénomène que j'ai observé maintes fois chez les aliénées hystériques. Pendant l'accès la voix devient voilée, d'autres fois elle est rauque, et, dans plus d'une circonstance, les modifications qu'elle subit m'ont suffi pour annoncer le début ou le déclin d'une crise de manie hystérique.

J'ai remarqué aussi, mais plus rarement que chez les hystériques, des modifications de la voix chez les épileptiques et chez les aliénés à type périodique (1). On sait d'ailleurs que certaines affections nerveuses déterminent des spasmes, des contractures, et les différents muscles de, l'appareil vocal ne sont pas soustraits à ces influences. On a vu les spasmes des muscles du larynx et de la glotte modifier à tel point la voix, que les malades en étaient involontairement réduits à pousser des sons inarticulés, simulant plus ou moins la voix de certains animaux.

(I) Chez un aliéné épileptique de l'asile de la Meurthc, la crise était précédée par une modification dans la voix , qui était pour nous un avertissement ; car cet aliéné était on ne peut plus dangereux au moment de Ses accès, et il lui survenait un délire qui durait sept à huit jours, avec prédominance d'idées homicides. Sa voix avait alors le timbre de ce que l'on appelle vulgairement voix de pnli^liine'le.

Page 1