RAPPORT DE CES SYMPTÔMES AVEC LES A ELECTIONS CÉRÉBRALES
méningite, la manie, l'apoplexie. Il diffère «lu délire intellectuel par l'existence de convulsions ou désordre du mouvement dans les autres parties du corps.
Dans l'opinion de M. Blandet, opinion que nous ne pouvons admettre, le délire spécial de la folie ne serait pas accompagné de lésion du cerveau.
On connaît les discussions qui eurent lieu en 18^8 à l'Académie, sur la localisation de la parole dans les lobes antérieurs du cerveau (1). C'est à la suite de ces discussions que l'on cita dans les sociétés particulières de médecine un grand nombre de faits de lésion de la parole. Je ne ferai que rappeler les principaux de ces faits qui démontreront combien il règne encore d'incertitude dans cette partie de la pathologie et de la physiologie du système nerveux. On a vu des malades qui ne pouvaient prononcer que des moitiés de mots, et à l'autopsie on n'aurait trouvé qu'un lobe cérébral altéré. Faut-il en conclure que cette altération d'un seul organe a été la cause de cette demi-mutité (2) ?
Un malade a été observé ayant perdu complètement la mémoire de certains mots, tout en conservant l'intégrité de son intelligence; si l'on prononce devant lui un nom propre, il le saisit à l'instant , mais dans la conversation il est forcé d'employer une périphrase pour désigner certains objets dont les noms lui échappent (3).
Un épileptique ne pouvait prononcer spontanément aucun mot, mais il les répétait et les écrivait sans peine quand on les articulait devant lui (/i).
Une malade atteinte d'un cancer à'1 'utérus, auquel elle a succombé, fut prise tout à coup, au milieu d'une nuit, et sans cause connue, d'un mutisme presque complet, qui ne lui permettait que de dire : Oui, oui, à toutes les questions, qu'elles fussent ou non contradictoires ; elle conservait cependant son intelligence ; elle n'était ni paralysée, ni aliénée. Si l'on voulait la faire écrire, elle traçait des lettres dont l'assemblage ne signifiait rien (5).
On trouve assez fréquemment des individus qui , à la suite d'une attaque d'apoplexie, d'une congestion , d'un ramollissement, perdent
(1) Dans les séances des 7 mars et 22 avril 1848, M. Bouillaud a soutenu contre MM. Rochoux et Castel la cause de la localisation de la parole dans les lobes antérieurs. Il s'appuvait sur plus de 80 faits d'anatomie pathologique, ce qui est déjà un chiffre respectable, surtout entre les mains d'un observateur aussi distingué que M. Bouillaud. Nous aurons occasion, dans le chapitre des lésions anatoiniques chez les aliénés, de dire quelques mots sur les causes des contradictions que l'on a reprochées aux anatomopathologistes. — (2) Docteur Belhomme. — (3) Docteur Gaide. — (4) Moreau , de Tours (Société médicale du Temple, séance de juin 1848). — (5) Docteur Tanchou.