‹ Traité des maladies mentaleChapitre 21 sur 500 · ALIÉNATION DANS L'ANTIQUIIÉ, — HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

ALIÉNATION DANS L'ANTIQUIIÉ, — HIPPOCRATE

laires. Dans le langage commun , l'idée qu'il était permis de se faire delà mélancolie ne se séparait pas de L'influence funeste exercée par toutes ces /tumeurs acres qui troublent te jeu et l'harmonie de ?ws fonctions. C'est à cette manière de voir que sacrifie le divin Platon lui-même, lorsque après avoir émis les considérations les plus élevées sur les rapports qui existent entre le corps et l'àme, ainsi que sur l'hygiène physique et morale qui leur est applicable, si l'on veut conserver la santé, il dit néanmoins : « La tristesse vient de l'intempérie du corps, car elle est causée par une pituite acre et par des humeurs bilieuses qui se répandent dans le corps, et qui, ne trouvant pas d'issue, obscurcissent l'àme de leurs vapeurs, troublent ses mouvements et lui causent de très graves maladies, mais différentes suivant les parties où elles se jettent (1) »

Pas plus que les autres médecins de l'antiquité, Hippocrate ne pouvait se soustraire à ce langage qui ne préjugeait pas les opinions si saines, on pourrait dire si avancées, qui régnaient déjà à cette époque, et sur l'intervention de l'organisme dans la manifestation de la folie, et sur la variété des causes de l'ordre physique et de l'ordre moral qui peuvent troubler la raison.

Quel est en effet, d'après Hippocrate, l'organe qui préside aux actes intellectuels, et d'où dépendent les nombreuses manifestations morales chez l'homme, ainsi que ce phénomène étrange, si diversement interprété selon les temps et les lieux, et que l'on désigne sous le nom de folie? La réponse est claire, précise, catégorique : cet organe est le cerveau. Citons plutôt les propres paroles du père de la médecine : « Il faut savoir que, d'une part, les plaisirs, les joies, les ris, les jeux ; d'autre part, les chagrins, les peines, les mécontentements et les plaintes ne nous viennent que de là (le cerveau). C'est par là que nous pensons, comprenons, voyons, entendons, que nous connaissons le laid et le beau, le mat et le bien, l'agréable et le désagréable.... C'est encore par là que nous sommes fous, que nous délirons, que des Craintes ou des terreurs nous assiègent, soit la nuit, soit après la venue du jour (2). »

Et ce n'est pas seulement dans la folie proprement dite, dans le délire, que le cerveau joue ce rôle important, c'est dans l'épilcpsie, c'est dans d'autres très grandes maladies, ainsi que s'exprime Hippocrate : « La vé-

(1) Les idées dominantes de l'époque étaient que l'homme était un composé des quatre éléments, du feu, de l'air, de la terre et de l'eau, ou, ce qui revient à la même chose, du froid, du chaud, de l'humide et du sec. C'est de la juste proportion cl du juste tempérament de ces quatre qualités que résulte la sauté, etc. (Doctrine de Platon, par

Dacicr.)

(2) Hippocrate, De la maladie sacrée, traduction par Littié. Paris, ISl'J.

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