‹ Traité des maladies mentaleChapitre 215 sur 500 · ILLUSIONS DANS L'ÉTAT EXTRÊME DE DEMENCE · texte numérisé non relu

ILLUSIONS DANS L'ÉTAT EXTRÊME DE DEMENCE

agités, tous leurs souvenirs se mêlent, se confondent, et qu'ils prennent parfois, et transitoirement, des inconnus ou pour leurs parents ou pour des personnes qu'ils ont fréquentées, cela se conçoit, et rien n'est aussi commun. On comprend en elfet que dans la période aiguë de leurs interprétations maladives, ou que dans l'exaltation d'un système délirant qui leur est propre, ils personnifient leurs souvenirs ou leurs affections dans telle ou telle personne, ainsi que je l'ai raconté à propos du malade dont j'ai donné l'observation. Mais si je rapproche l'exemple d'une pauvre démente citée par Guislain, qui reconnaît soudainement, dans une jeune idiote, son tils Frédéric qu'elle a perdu à l'armée, et auquel, en conséquence, elle prodigue les soins les plus tendres, si je rapproche, dis-je, cet exemple d'autres faits analogues, je n'y vois que l'indice de la démence la plus avancée, ou tout au moins d'un état chronique incurable. C'est là un fait que j'ai occasion d'observer chez une malade de notre asile, qui me prend pour son père, quoiqu'elle soit plus âgée que moi.

Ce sont encore des déments, ces aliénés qui ramassent des cailloux ou d'autres ordures dont ils se remplissent les poches et dont ils font des collections. Les faits de ce genre sont communs chez les paralysés généraux et chez les malades chroniques. Ils sont hien plus souvent le résultat d'une illusion de l'intelligence que la conséquence d'une illusion des sens proprement dite. Je veux dire par là qu'en dehors de l'impres-. sion sensoriale déterminée par la vue des cailloux, il existe déjà préliminairement chez ces malades une idée délirante qui les flhtsi&nm sur la vertu qu'ils peuvent avoir de convertir en or tout ce qu'ils touchent, ou qui leur fait croire (pie les plus vils objets de la nature se sont transformés, au gré de leurs désirs, eu or, diamant et autres matières précieuses, ainsi que cela s'observe chez les paralysés généraux. Dans d'autres cas, il ne faut voir là qu'un fait d'automatisme, un acte qui annonce, tantôt la perversion des instincts, ainsi que la chose existe chez quelques malades chroniques qui se remplissent les poches de saletés de toutes sortes et font des collections d'objets disparates et sans valeur, et tantôt la |iériode de démence confirmée.

Je n'ai parlé jusqu'à présent que des sensations internes, des illusions des sens et de l'intelligence chez les aliénés. J'ai seulement fait entrevoir qu'à une certaine période de la maladie, les hallucinations ne pouvaient, le plus ordinairement; se séparer du phénomène précité. Je vais donner quelques exemples d'hallucinations, afin de faire comprendre ce symptôme pris dans son isolement, et de compléter tout ce que j'ai à dire sur c;'tte mportante question.

■ulhncfcia«t«M do la vue. — Parmi les hallucinations les plus élé-

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