‹ Traité des maladies mentaleChapitre 238 sur 500 · DÉFINITION DE QUELQUES TERMES DU LANGAGE PSYCHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DÉFINITION DE QUELQUES TERMES DU LANGAGE PSYCHOLOGIQUE

ajoute ce savant médecin, n'est possible qu'à la condition d'une comparaison entre les données physiologiques et les données pathologiques.

» Les données phénoménales de la vie, soit qu'elles représentent la règle ou l'état de santé, soit qu'elles expriment l'écart de la règle ou l'état de maladie, se rapportent, chez l'homme, à deux ordres de phénomènes parfaitement distincts. De ces phénomènes, les uns consistent en des états et des actes essentiellement matériels, qui se laissent immédiatement saisir par les sens, qui appartiennent véritablement au corps et à la vie du corps, et qui, pour cette raison, peuvent être appelés phénomènes somatiques (de aùf/a, corps). Les autres consistent en des états et des actes essentiellement spirituels, dont les effets seuls tombent sous les sens, qui ne se laissent immédiatement saisir que par l'esprit, qui appartiennent véritablement à l'àme, et qui, pour cette raison, peuvent être appelés phénomènes psychiques (de âme).

» La symptomatologie, à qui il appartient de faire sortir, de la comparaison des données physiologiques et pathologiques de la vie, la détermination des changements caractéristiques de l'état morbide, ou des symptômes, est naturellement conduite à concevoir ces changements comme se rapportant à des phénomènes matériels et spirituels, et à distinguer les symptômes, comme les phénomènes, en somatiques et psychiques (1). »

Mais, pour la détermination des symptômes psychiques ou de l'ordre intellectuel, nous sommes obligé d'employer des termes sur la valeur desquels il est d'autant plus important de se fixer, que la manière diverse dont ils ont souvent été employés par les auteurs a introduit une assez grande confusion dans l'interprétation de ces mêmes symptômes et phénomènes de l'ordre intellectuel. Il me semble d'autant plus utile de bien être fixé sur la valeur des termes, que quelques-uns sont parfois employés indifféremment pour exprimer des phénomènes de l'ordre physiologique et de l'ordre psychologique. Je n'ai, dans la nomenclature cijointe, d'autre prétention que de bien fixer le sens que j'attache à l'emploi de telle ou telle désignation, sans vouloir me placer sur le terrain ardu des discussions psychologiques.

Sensation (alcdr^-a, aUQ-n^i;). — Ce terme, que nous avons si souvent employé et qui reviendra encore sous notre plume, est compris par nous comme l'impression faite par les objets extérieurs sur les organes des sens et perçue par le cerveau. Déjà, à propos de Yanesthésie, de Yhyperesthésie, de la cénesthésie, des divers phénomènes de la sensibilité physique

(I) Symptomatologie de la folie, par M. le docteur Parchappe (Annales médico-psychologiques, t. XIV, 1er article, p. 1; — 2e article, p. 233, même volume ; — 3e article, t. XV, p. 40 ; — 4 e article, même volume, p. 236.)

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