SENSATION. — SENTIMENT. — INSTINCTS.' — IMPULSIONS
et morale, et surtout des hallucinations et des illusions, nous avons fait ressortir que la sensation ou l'action de sentir, d'après la définition du Dictionnaire de Nysten, est une action dévolue à certaines parties du système, nerveux. Ces parties appartiennent aussi bien au système nerveux périphérique et central, ou de la vie animale, qu'au système nerveux interne ou sympathique, c'est-à-dire de la vie végétative.
Sentiment. — Je ne prends pas ici ce mot dans le sens dévolu ordinairement à la sensation, et comme s'appliquant aux modifications perceptibles de nos organes intérieurs. Il ne s'agit pas ici du sentiment de la faim, de la douleur, de la fatigue. Lors donc que nous parlerons des troubles, des perversions, des altérations des sentiments, nous prendrons ce mot dans le sens des affections de l'âme (nâQot;) , des penchants bons ou mauvais, ou bien encore, jusqu'à un certain point, dans le sens des vues de l'esprit (ouvenç), propres à nous déterminer dans l'appréciation des choses, dans les jugements que nous portons. Le sentiment, interprété dans ce sens, répond au Gefùhl des Allemands, de même que sensation au mot. Emfindung dans la même langue.
Instincts, impulsions instinctives (de instinguere , exciter, aiguillonner vers). — D'après Cabanis, les instincts sont des idées qui doivent être rapportées à des impressions intérieures, et qui sont le produit des excitations, le résultat des impressions reçues par les organes internes.
On entend aussi par instinct le mode d'activité cérébrale ou penchant intérieur qui porte à exécuter un acte sans avoir notion de son but, à employer des moyens toujours les mêmes sans jamais chercher à en créer d'autres, ni à connaître le rapport entre eux et le but. On sait que chaque animal naît avec des organes qui, à mesure qu'ils se développent, lui font sentir tout ce dont il a besoin pour sa conservation. (Voyez Nysten, art. Instinct.)
Mais, dans ces derniers temps, le mot instinct a reçu une acception plus large, surtout dans les idées de Gall, et, si je ne me trompe, il me paraît être le plus ordinairement synonyme de penchant. C'est au moins dans ce sens qu'il doit être compris lorsque nous disons que, sous l'influence de certaines conditions cérébrales maladives, il se développe chez les aliénés de mauvais instintes, tels que ceux du vol, du meurtre, de l'incendie. C'est ainsi que l'instinct de destruction est également décrit par Gall sous les noms de penchant aux rixes, instinct carnassier, penchant au mevrtre. « Il y a dans l'homme, dit Gall, une inclination qui va par gradation, depuis le simple plaisir de voir tuer jusqu'au désir le plus impérieux de tuer. On observe, ajoute ce célèbre physiologiste, que parmi les enfants connue parmi les adultes, parmi les hommes grossiers comme parmi ceux qui