TENDANCES INCENDIAIRES (PYROMANIE DE MARC
avec les objets de leurs affections. Une femme, bien décidée à se noyer, emporte avec elle son enfant, se précipite dans la rivière, le tenant embrassé (1). Une dame, se croyant poursuivie par la police, fait d'innombrables efforts de suicide, afin d'éviter une mort ignominieuse. Plusieurs fois elle essaye de tuer son mari qu'elle adore ; elle cacbe des couteaux pour accomplir ses desseins. Une fois, elle essaye d'écraser la tête de son mari avec une grosse pierre qu'elle avait furtivement montée dans son appartement. » (Esquirol, Monomanie homicide, p. 803.)
Tels sont les exemples rapportés par Esquirol, sans autre détail; mais si je les rapprocbe de faits analogues que j'ai observés, je reste convaincu que ces malades appartenaient aux diverses variétés de l'bypocbondrie, de l'iiystérie, de la folie héréditaire, et peut-être aussi de l'épilepsie. On sait déjà à combien d'impressions douloureuses sont sujets les aliénés de ces diverses catégories. Je suis entré dans de nombreux détails pour faire ressortir la facilité avec laquelle ces sortes de malades passent de l'interprétation délirante des faits à la perpétration d'actes de même nature. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit, pas plus que sur les actes homicides des aliénés dus à l'imitation et aux influences contagieuses. (Etioi.ogie: imitation, etc., p. 241.)
incendie {pyromanie de Marc; de wûp, feu, et (mav/oi, manie). — Considérée comme symptôme de maladie mentale, la perpétration de l'incendie a pareillement lieu dans telle variété d'aliénation plutôt que dans telle autre. Dans les nombreuses expertises médico-légales que l'autorité judiciaire m'a confiées, j'ai constaté que les actes incendiaires des aliénés se commettaient dans les conditions pathologiques suivantes :
1° La grossesse, la menstruation, la puberté difficile chez les jeunes filles ont produit des incendiaires.
2° J'ai eu occasion de signaler la même tendance dans la folie héréditaire, chez des enfants que j'ai placés dans la catégorie des folies instinctives. 11 s'agit, dans ces cas, de véritables dégénérés dans l'espèce liumaine, qui, par leur organisation défectueuse, sont instinctivement poussés au mal, et qui cèdent avec une facilité effrayante à l'entraînement de l'imitation.
3° J'ai vu l'acte incendiaire se produire dans les conditions délirantes que fait aux jeunes filles la névrose hystérique.
V Enfin, j'ai eu à signaler l'incendie chez de jeunes imbéciles qui,
(I) La ville de Rouen ne perdra de longtemps le souvenir d'une malheureuse jeune femme qui a accompli un suicide de ce genre avec son mari et ses trois enfants en bai âge. Je ne veux pas inférer de là que tous les cas de ce genre doivent être attribués à l'aliénation mentale.