‹ Traité des maladies mentaleChapitre 251 sur 500 · INSTINCT AVEUGLE D'HOMICIDE. — 1NTEKPUÉTATION DU FAIT. UQ · texte numérisé non relu

INSTINCT AVEUGLE D'HOMICIDE. — 1NTEKPUÉTATION DU FAIT. UQ

donnés dans la description de la folie épileptique. Un mot encore sur l'homicide considéré comme symptôme d'aliénation.

J'ai tenu à prouver que les cas dans lesquels l'aliéné est entraîné par un instinct aveugle, par quelque chose d'indéfinissable qui le porte à tuer, doivent être bien rares. Les faits de ce genre reposent sur l'observation incomplète des phénomènes pathologiques et l'ignorance des motifs qui décident les aliénés. Les meurtres commis par les individus jouissant de leur raison s'expliquent par la passion , la vengeance, la cupidité ou par d'autres raisons. En dehors de quelques individualités monstrueuses connues par l'histoire ou qui ont figuré dans les fastes judiciaires, je ne sache pas qu'il ait existé des individus versant le sang pour le seul plaisir, pour le seul besoin de le répandre. Les faits de ce genre qu'on a cités auraient eu besoin d'être mieux observés. La même circonspection et la même méthode nous sont imposées dans l'interprétation symptomatique à donner aux meurtres commis par les aliénés. Je ne pense pas qu'il en existe aucun dont les actes homicides ne puissent, dans l'immense majorité des cas, être rapportés à un élément maladif, parfaitement appréciable au moyen de l'observation, ou bien à un motif qui s'appuie sur un délire prédominant.... Or, le délire lui-même est le symptôme ou l'expression d'un état maladif. La théorie de la monomanie homicide dont on a étrangement abusé et qui a plus d'une fois compromis les intérêts des véritables aliénés, cette théorie, dis-je, n'avait pas besoin de s'étayer sur le fait d'un instinct aveugle^ de quelque chose d'indéfinissable qui porte à tuer. Esquirol lui-même a soin de spécifier les circonstances pathologiques dans lesquelles se développe la tendance homicide des aliénés. Aux raisons que j'ai déjà exposées, je joins les suivantes que j'emprunte intentionnellement à Esquirol. « Il est des individus, dit cet auteur, qui, résolus à terminer leur existence, commettent un meurtre, espérant par là qu'on leur donnera la mort, qu'ils n'osent se donner par divers motifs : les uns pai^ce que le courage leur manque, les autres pour avoir le temps de se réconcilier avec Dieu, avant que de subir le châtiment de la justice (1). Enfin, il en est qui tuent pour se trouver dans une autre vie

(1) Les annales de la médecine légale des aliénés contiennent plusieurs faits de ce genre, et l'on peut citer comme un spécimen de cette espèce de délire l'histoire de Jobard, qui, le 15 septembre 1851, à Lyon, pendant une représentation théâtrale, tua une jeune femme enceinte qu'il ne connaissait pas. L'histoire médico-légale de cet individu, faite par le docteur Arthaud, nous représente un aliéné de la plus dangereuse espèce. Outre des tendances héréditaires incontestables, il existait chez lui un état névropathique des plus prononcés, dû à des excès vénériens, à des habitudes onanistiques effrénées remontant à la première enfance.

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