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CHAPITRE III

PÉRIODES INITIALES. DÉVELOPPEMENT, MARCHE ET TERMINAISON DES MALADIES MENTALES. SIGNIFICATION DES LÉSIONS PATHOLOGIQUES CHEZ LES ALIÉNÉS.

§ Ier. ■ — Considérations préliminaires.

Si l'état désigné sous le nom de folie n'impliquait pas des variétés spéciales, des genres différents, il serait possible de grouper sous une même rubrique les phénomènes qui constituent les périodes initiales, le développement, aussi bien que la marche et la terminaison des maladies

DBS MALADIES MENTALES. — CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES. Z|6l

mentales. Mais il est facile de comprendre que letude des phénomènes ne peut se taire à ce point de vue exclusif; que l'on veuille seulement se rappeler les éléments de la classification que j'ai adoptée.

Si, dans les diverses folies héréditaires, par exemple, le désordre mental est tantôt l'exagération des anomalies que révèle de longue main l'exercice des facultés intellectuelles chez les individus prédisposés, tantôt la représentation d'un état fixe irrémédiable de dégénérescence intellectuelle, physique et morale, il n'en est pas de même dans les folies par intoxication. Dans ces sortes de vésanie on observe que les désordres de la pensée sont corrélatifs aux désorganisations lentes et graduées que l'ingestion des alcooliques et autres agents toxiques déterminent dans les divers organes de l'économie et dans le cerveau en particulier. L'hystérie, l'épilepsie, l'hypochondrie, névroses éminemment transformables, produisent de leur côté des vésanies dont les prodromes se confondent avec les troubles suscités dans les fonctions nerveuses par ces névroses elles-mêmes. Dans les folies hystérique, épileptique, hypochondriaque, les prodromes, ainsi que les phénomènes qui constituent le développement et la terminaison, diffèrent de ce que l'on peut observer dans les affections cérébrales idiopathiques proprement dites, dans la paralysie générale, par exemple. Cette dernière phrénopathie elle-même n'a rien de commun, dans sa période initiale, dans sa marche et surtout dans sa terminaison, avec d'autres folies que nous rangeons dans la catégorie des affections cérébrales sympathiques. Dans ces situations diverses l'invasion de la folie peut être plus ou moins prompte, quoique, en règle générale, il soit vrai de dire que cette maladie n'éclate pas sans que des signes précurseurs l'aient annoncée.

La difficulté de coordonner tous ces phénomènes sous une forme qui en serait l'expression générale, invariable, fixe, immuable, augmente encore lorsqu'on sait qu'il est un élément qui domine ces situations diverses, modifie leur évolution, précipite leurs mouvements pathologiques : je veux parler de l'influence héréditaire. Néanmoins, si l'étude de la pathologie spéciale peut seule préciser la diversité des phénomènes que l'on remarque dans chaque variété particulière de folie, il est incontestable qu'il existe un ensemble de symptômes propres à l'aliénation considérée dans la plus haute acception de cette maladie, et qui en constituent la pathologie générale. Ce que j'ai dit de la sensibilité chez les aliénés, des hallucinations, des symptômes fournis par les fonctions intellectuelles et affectives, intérieures ou assimilatrices, et de tout ce qui se rattache, en un mot, à la symptomatologie de la folie, met cette proposition hors de toute conteste.

Je vais procéder de la même manière en notant très succinctement ce

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