PÉRIODES INITIALES DE LA FOLIE
qui est relatif aux phénomènes initiaux de la période d'incubation et d'invasion des maladies mentales, ainsi qu'à la marche et à la terminaison de ces affections, sans préjudice, bien entendu, des indications particulières qui ont trait à chaque variété de folie, et dont l'étude appartient en propre à la pathologie spéciale. J'appellerai surtout l'attention sur les phénomènes principaux de la période initiale, et sur les états pathologiques connus ou décrits sous les noms de dépression et à' excitation (mélancolie, manie) , de stupeur, à' extase et de catalepsie. Je dirai ce qu'il faut entendre par alternance, intermittence, rémittcnce, crises, dans les maladies mentales. Les transformations et complications que l'on observe dans ces affections auront également droit à quelques remarques de ma part. Enlin, mes réflexions sur la manière de comprendre les lésions révélées par l'autopsie formeront le sujet d'un paragraphe particulier, et termineront ce que j'ai à dire sur la pathologie générale.
§ XI. — Périodes initiales (prédisposition, prodromes, invasion). Diagnostic. État confirmé. Symptômes de la marche, du développement et de la terminaison des maladies mentales : mélancolie, manie (excitation, dépression). Périodes alternantes. Intermittences, rémittences. Transformations, Monomanies d'Esquirol. Complications, Maladies incidentes. États spéciaux (stupidité , extase , catalepsie). Terminaisons, Guérison. mortalité. Pronostic.
Périodes initiales. — Les pathologistes ont l'habitude d'examiner ces périodes au triple point de vue delà prédisposition, des prodromes et de Y invasion.
Existe-t-il en pathologie générale ou spéciale un ensemble de phénomènes qui constituent pour les individus ce (pie l'on est convenu d'appeler prédispositions à la folie? Je ne connais réellement pas d'autres prédispositions que celles que font aux tempéraments individuels les causes que j'ai désignées sous le nom de causes prédisposantes générales (§ h, p. 79 et suiv.). L'observation des faits nous a appris en effet que les iniluences des milieux, celles de l'éducation, des mœurs, des habitudes, de l'hérédité surtout, prédisposent à la folie, sans qu'il soit possible cependant de désigner d'avance si tel individu exposé à ces causes deviendra nécessairement aliéné. Le tempérament nerveux lui-même, qui est l'expression la plus significative de ces influences diverses, de l'influence héréditaire surtout, ne joue vis-à-vis de la folie (pie le rôle de prédisposition, et il est nécessaire, ainsi que je le disais dans l'éliologie des affections mentales, que d'autres causes interviennent pour que la maladie éclate. (Voyez § iv, Du tempérament nerveux comme cause prédisposante « l'aliénation mentale, p. 122 et suiv.)
Dans tous les cas, le médecin appelé à soulager certains étals névro-