U'IQ PÉRIODE DE DÉVELOPPEMENT. — MÉLANCOLIE (DÉPRESSION
exclusivement symptomatique. La dépression et l'exaltation sont des situations maladives que l'on observe dans les différentes variétés de folie.. le les comparerai volontiers aux deux stades principaux de la fièvre, dont le premier est marqué, comme on le sait, par un refroidissement général avec bâillements, pandiculations, tremblement, contraction de la peau, petitesse, fréquence, inégalité du pouls, pâleur, et dont le second se signale parla chaleur avec expansion, épanouissement et teinte rosée de la peau, par l'agitation, l'anxiété, la soif fréquente et les variations du pouls, tant au point de vue de sa fréquence que de sa qualité.
La dénomination de délire sans fièvre, appliquée à la folie, ne m'a jamais paru être une définition exacte de la maladie. Que l'on veuille seulement se rappeler ce que j'ai dit des conditions pathologiques dans lesquelles on observe les phénomènes d'anesthésie et d'hyperesthésie chez les aliénés (§ vi, p. 316), et l'on restera convaincu du rôle physiologique dévolu à la douleur dans la période initiale de la maladie. Ce sentiment se traduit, ainsi que nous l'avons vu, non-seulement par l'inquiétude, l'anxiété, l'agitation du malade, mais par un véritable mouvement fébrile, inséparable de ce même élément douleur qui n'est plus localisé dans telle ou telle partie, mais qui envahit l'organisme entier. C'est la sensation que les malades définissent d'une manière si énergique, quand ils disent qu'ils souffrent de partout.
C'est dans cette même situation que la pensée des aliénés se concentrant de plus en plus sur le sujet des maux réels ou imaginaires qui les menacent, amène un état qui peut, jusqu'à un certain point, se comparer au premier stade de la fièvre dans les maladies ordinaires. Il en diffère cependant par plusieurs côtés. Premièrement, par la durée (spatïum longius recipiens, comme disaient les anciens), et ensuite par l'ensemble des perturbations de l'ordre physiologique et intellectuel que l'on observe dans cette période chez les aliénés. : « Ils ont, ditEsquirol, le teint jaunâtre; les pommettes parfois colorées, la peau brune, noirâtre, aride, écailleuw, tandis que le nez est d'un rouge foncé. La physionomie est fixe et immobile, mais les muscles de la face sont dans un état de tension convulsive et expriment la tristesse, la crainte où la terreur. Les yeux sont fixes, baissés vers la terre ou tendus au loin; le regard est oblique, inquiet et soupçonneux. Si les mains ne sont pas desséchées, brunes, terreurs, elles sont gonflées, violacées. » (Esquirol, Symptômes de la lypémcmtè, t. I, p. 407.) Les perturbations dans la sphère des fonctions intellectuelles
lilé. Je ne puis en ee moment rappeler tous ces motifs. Leur justification se déduira de l'idée plus claire et plus nette que le lecteur pourra se faire de la folie et de tous les phénomènes qui s'y rattachent, après avoir lu cet ouvrage.