LEURS RAPPORTS AVEC LE DÉBUT, LA MARCHE ET LA FORME DE LA FOLIE
renée, mutisme, anesthésie, puis expansion, contentement, possibilité de systématiser, de coordonner les éléments du délire : tels sont les caractères fondamentaux des affections nerveuses en général. Mais ce sont là aussi les situations extrêmes vers lesquelles, après mille oscillations, se | dirigent, comme par une sorte d'attraction plus ou moins régulière, plus ou moins périodique, les phénomènes maladifs de l'existence des aliénés de toutes les catégories sans exception.
Il serait difficile sans doute de fixer à l'invasion de chacun de ces phénomènes une période de durée et de disparition toujours uniforme, toujours régulière, non-seulement chez l'individu, mais dans l'espèce en général. On n'est pas sans ignorer qu'une foule de modifications peuvent être imprimées au retour périodique des phénomènes pathologiques pendant la marche et le développement d'une affection nerveuse, par le nombre infini des influences extérieures ou intérieures auxquelles l'individu est sujet. Je ne citerai que les changements atmosphériques, l'âge, le sexe, les excès ou modifications dans le régime, dans les habitudes surtout, les maladies intercurrentes, les apparitions périodiques de certains exanthèmes, les époques critiques de l'existence, et beaucoup d'autres causes encore dont nous avons étudié l'action dans la partie étiologique de cet ouvrage. Quoi de plus régulier, en effet, et de plus périodique que les accès d epilepsie ; et cependant que de variations dans le retour, la durée, l'intensité des accès, non-seulement chez le même individu, mais chez tous les malheureux, victimes de cette terrible alfection nerveuse !
Si donc une exactitude rigoureuse, mathématique, nous est interdite dans la description des phénomènes d'alternance, d'intermittence et de rémission, à propos d'une névrose aussi caractérisée que l'épilepsie, à plus forte raison éprouverons-nous une difficulté bien plus grande encore quand il s'agira de préciser l'évolution des mêmes phénomènes dans une névrose la plus complexe de toutes, la folie. Toutefois les faits existent, ils sont irrécusables; il ne s'agit que de les interpréter.
1° Un aliéné est plongé un jour dans un état de dépression mélancolique extrême qui va jusqu'à la stupeur ; le malade ne peut répondre à aucune question; il est en proie à une terreur indicible. Le lendemain, il crie, il vocifère, il est dangereux en ses actes. La transition à ces deux états si différents est brusque, instantanée, il n'y a pas d'intervalles lucides entre eux. Voilà un des exemples les plus élémentaires d'une situation névropathique qui va se présenter à notre observation sous bien des aspects divers, et que dans un instant je vais essayer de ramener à leur véritable signification. Une femme de l'asile Saint- Yon nous offre depuis trois ans