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LEURS RAPPORTS AVEC LE DÉBUT, LA MARCHE ET LA FORME DE LA FOLIE

aucune des conditions requises pour en taire un genre spécial, une variété particulière d'aliénation mentale.

Constatons d'abord que tous les auteurs sont d'accord pour signaler, en aliénation, un plus grand nombre de phénomènes de périodicité chez les femmes que chezles hommes. J'ai déjà établi le rapport qui existe entre le retour de certaines exacerbations dans la folie et l'écoulement des menstrues, pour que ce fait n'ait rien que de très explicable au point de vue physiologique. D'un autre côté, étant admis que le phénomène de la périodicité se lie d'une manière plus intime à l'évolution des maladies nerveuses qu'à celle de toute autre affection, il est néanmoins des variétés de folie dans lesquelles le retour de certains phénomènes intermittents est plus souvent observé que dans d'autres.

Dans la première classe de mes aliénations héréditaires (classification, p. 258), j'ai fait remarquer qu'en raison de la prédominance du tempérament nerveux propre aux individus de cette variété, ils étaient plus aptes que d'autres à contracter la folie, et qu'ils déliraient avec facilité sous des influences qui ne faisaient, pour ainsi dire, qu'effleurer la sensibilité des individus non prédisposés. Je connais des malades appartenant à cette catégorie, et qui, sans avoir jamais été isolés dans aucune maison de santé, éprouvent, à des époques régulières, et pour des causes qui reviennent d'une manière périodique, des troubles singuliers dans leurs fonctions nerveuses. Ce sont des dépressions extrêmes de la sensibilité, alternant avec une exaltation très grande dans la même fonction. L'irritabilité naturelle des malades est plus vive, toutes les manifestations sensoriales s'exécutent d'une manière plus douloureuse. Quelques-uns de ces êtres névropathiques et prédisposés à l'aliénation se signalent, dans ces circonstances, par un dégoût presque insurmontable de l'existence, par la persistance fatigante de certaines idées fixes, dont les unes ne sont que ridicules et absurdes, mais dont les autres plongent, par leur caractère atroce, abominable, ces malheureux dans la plus grande perplexité. Ils éprouvent, en un mot, tous les phénomènes I propres à la période prodromique de la folie, et s'ils ne deviennent pas , aliénés, ils le doivent d'une part à la bonne direction hygiénique et prophylactique que des médecins intelligents savent leur imprimer, et de l'autre à la connaissance qu'ils ont eux-mêmes de leurs prédispositions maladives, contre lesquelles ils réagissent de toutes leurs forces.

Dans nos asiles, ce sont les malades appartenant à la classe si nombreuse des aliénations héréditaires qui nous offrent les caractères les plus saillants de l'alternance, de l'intermittence, de la périodicité et de la rémission. On ne s'étonnera pas de voir les mêmes phénomènes se pro-

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