RÔLE DE CERTAINES NÉVROSES DANS CES ÉTATS INSOLITES
serve que pour les individus excentriques et à idées fixes dont j'ai pari dans ma première classe des folies héréditaires. Je ne veux pas prétendre que l'immoralité instinctive soit toujours le résultat de transmissions de mauvaise nature. Dans quelques cas, certaines névroses, l'hypochondrie, par exemple, dans d'autres des habitudes vicieuses et devenues plus tard insurmontables, des passions effrénées et auxquelles dans le principe les individus se sont laissé entraîner volontairement, peuvent devenir le point de départ delà situation que je décris. On entrevoit immédiatement les difficultés qui, au point de vue de la responsabilité des actes humains, peuvent surgir dans la médecine légale des aliénés. Quoi qu'ils en soit, ces faits, qui appartiennent essentiellement à la pathologie du} système nerveux, renferment déjà un premier enseignement ; il nousj apprennent à envisager avec beaucoup d'indulgence la perversité et les mauvais instincts de quelques hommes. L'observation des phénomènes | pathologiques, au point de vue de leur origine, nous apprend en effet | que l'hérédité joue un rôle important dans les anomalies et les perver-l sions des sentiments. Je ne mets pas un instant en doute que les lois qui règlent la pénalité chez tous les peuples civilisés ne soient destinées un j jour à subir des modifications dont l'honneur reviendra aux médecins qui auront appris à mieux faire connaître les nombreuses modifications que l'hérédité imprime à l'organisation.
Après avoir étudié la disposition instinctive pour le mal, examinons maintenant comment s'opèrent les transformations de cet état primitif, et comment se réalisent les types maladifs qui constituent les variétés dégénérées fixes et le plus souvent irrémédiables. Je vais procéder par une
qui servent de démarcation au crime dans sa laideur extrême et a ces étranges anomalies des sentiments, à ces perversions abominables de certains instincts tels que les historiens en citent des exemples dans la décadence des empires, et tels qu'on en voit malheureusement encore au sein de nos grandes capitales. Je réserve cette étude pour la médecine légale, et ne citerai en passant que le fameux marquis de S...., qui mourut à Charénlon où il fut enfermé par un ordre impérial, et qui fut plutôt une monstruosité dans le genre de celles dont je parle qu'un véritable criminel.
J'ajouterai encore que les dispositions instinctivement mauvaises d'une foule d'individus ont fourni aux historiens, aux littérateurs, aux philosophes humoristes, et même aux dramaturges, l'occasion de dépeindre la nature humaine sous son aspect le plus triste. N'est-ce pas à des natures de cette sorte que fait allusion M. de Ballanche, lorsque dans sa l'àlingénésie sociale il dit : «Sans doute les hommes qui nous paraissent les plus parfaits ont des imperfections que nous n'apercevons pas, et souvent même des génies sublimes qui ont charmé et délecté les hommes sont tombés dans les plus déplorables égarements. Souvent le flambeau de la science a brillé dans les mains d'un impie, et celui dont la vie privée élaitun outrage à la vertu, à la morale, plus d'une fois alluma dans les âmes le feu céleste de la morale et de la vertu, m