‹ Traité des maladies mentaleChapitre 358 sur 500 · DU NOM COMMUN DÉGÉNÉRESCENCE APPLICABLE A CES VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

DU NOM COMMUN DÉGÉNÉRESCENCE APPLICABLE A CES VARIÉTÉS

turc des causes, amène ries conséquences plus ou moins désastreuses. Parmi ces êtres dégénérés, les uns peuvent propager leur espèce, les autres sont stériles. Ceux-ci sont, jusqu'à un certain point, éducables, perfectibles; ceux-là sont radicalement immodifiables. Il en est dont les habitudes et les mœurs sont douces, pacifiques; d'autres, au contraire, se distinguent par leur perversité et par leurs mauvais instincts.

Certaines aptitudes intellectuelles remarquables que l'on observe dans les classes privilégiées des folies héréditaires se retrouvent encore, quoique singulièrement amoindries, dans les classes inférieures. Les individus qui les composent sont parfois doués de ces qualités qui paraissent être en rapport avec le développement des forces cérébrales sur lesquelles lesj phrénologistes ont particulièrement appelé notre attention. J'ai déjà. i insisté sur ce point, et fait ressortir aussi, dans mes Études cliniques, quei ces êtres dégén rés ne sont susceptibles que d'un progrès relatif. Ils n'inventent rien, ils ne perfectionnent rien. L'imitation, qui leur est commune avec lei enfants, va rarement jusqu'à surpasser leurs modèles (1). J'insiste sur ce point, parce que la pédagogie médicale a su tirer, dans! ces derniers temps, un merveilleux parti de ces faits dans l'intérêt del l'éducation des enfants arriérés et des différentes variétés d'imbéciles, d'idiots et de crétins; il serait néanmoins souverainement injuste de lui demander, sous ce rapport, plus que ce que le système nerveux de ces êtres maladifs peut donner. « On ne perfectionne, dit M. le docteur Voisin, que ce qui existe. »

Ce sont ces variétés que je propose de réunir sous le nom commun de dégénérescence. Elles forment, comme je l'ai assez répété, une grande famille. Les individus qui la composent tiennent à l'hérédité par les liens

(I) « Dans les pays où règne le crétinisme, dit Fodéré, il est des individus en grand nombre qui, quoique non sourds, ni muets, et ayant appris à faire divers exercices du culte et plusieurs actes familiers, n'agissent cependant que par imitation et sans y rien comprendre ; leur intelligence est si bornée, qu'on ne peut parvenir à leur faire compter des nombres un peu élevés sur les doigts. On remarque encore que, par une singularité aussi inexplicable, plusieurs de ces individus, doués d'une aussi faible intelligence, naissent ; avec un talent particulier pour copier du dessin ou pour la musique. J'en ai connu, ajoute-t-il, qui ont appris à toucher passablement de l'orgue ou du clavecin, d'aulres qui s'entendaient, sans avoir eu de maîtres, à raccommoder des horloges et à faire quelques pièces de mécanique. Cela tient vraisemblablement à l'organisation plus parfaite de l'organe fous la dépendance duquel se trouve tel ou tel art, el non à l'entendement, car non-seulement ces individus ne savaient pas lire dans les livres qui traitent de ces matières, mais encore ils étaient déroutes quand on leur en parlait, et ils ne se perfectionnèrent jamais. » (Fodéré, Traité du goitre et du crétinisme, p. 141 et 1 3 Li . ) «Ces faits écrits sans prévention, dit M. le docteur Fabre dans son Traité du goitre et du crétinisme, témoignent en faveur de la localisation des penchants et des facultés, »

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