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CARACTÈRE SPÉCIAL DES LÉSIONS CÉRÉBRALES

Les différents troubles des appareils sensoriaux que j'ai décrits [hallucinations, illusions) se rencontrent aussi chez les aliénés héréditaires, mais bien moins fréquemment que chez les hystériques, les épileptiques, les hypochondriaques tourmentés parle délire des persécutions, les alcoolisés et les paralysés généraux, à certaines périodes d'évolution de leur mal. Ce n'est que dans certains cas d'exacerbation extrême, ou sous l'influence d'une compromission spéciale du cerveau ou de ses enveloppes, que le phénomène hallucinatoire se fait remarquer chez ces malades. Ils sont, ainsi que je l'ai dit, particulièrement instinctifs, et leur délire se manifeste bien plus par la perversion des actes que par les troubles de l'intelligence. Quant à ce qui regarde l'hyperesthésie et l'anesthésie, on observe chez eux la douleur depuis son expression la plus vive jusqu'à sa manifestation la plus obtuse. (Hyperesthésie, anesthésie chez les aliénés, § vi, p. '6 \k. De l'insensibilité chez les imbéciles, les idiots, p. 325.)

Lésions cérébrales. — Les lésions cérébrales désignées dans ces derniers temps sous le nom de périencéphalite chronique diffuse s'observent bien plus rarement chez les aliénés au type héréditaire que chez les autres (1). J'en excepte ceux qui comptent dans leur ascendance des indi-

(1) La paralysie des aliénés (paralysie progressive, folie paralytique) forme mie variété à part. Je ne veux pas dire que parmi les paralysés généraux il ne puisse s'en trouver qui tiennent par leurs ascendants à l'élément héréditaire ; rien ne dispose au contraire autant aux congestions que la même condition maladive chez les ascendants. Toutefois la paralysie générale frappe souvent les individus les moins prédisposés à l'aliénation par l'hérédité au moins , car il est une foule d'individus qui puisent dans leur propre tempérament et dans des causes inhérentes à leur manière de vivre la prédisposition à la périencéphalite. Elle atteint des hommes dans la force de l'âge, et qui s'étaient souvent fait remarquer par le grand développement de leurs facultés.

Jamais, cependant, il ne m'avait été donné, excepté dans ces derniers temps, d'observer un fait de paralysie générale avec délire des grandeurs des mieux caractérisés, dans la variété des imbéciles proprement dits. Appelé un jour pour vérifier l'état mental d'un imbécile accusé d'attentat à la pudeur, je fus frappé des différentes idées de grandeur émises par cet homme. Je me laissai bientôt persuader, je l'avoue, que les conceptions de cet imbécile, à propos des honneurs et des richesses auxquels il prétendait, étaient l'écho des plaisanteries des autres détenus qui s'amusaient de la bonhomie de ce simple d'esprit. Je ne découvrais, du reste, chez lui aucune des lésions spéciales du système nerveux propres aux paralysés généraux, embarras de la parole, difficulté de la marche, dilatation inégale des pupilles, etc. Buisson, c'était le nom de cet imbécile, fut envoyé à l'asile de (Juatre-Mares sur les conclusions d'un rapport qui m'était commun avec M. le docteur Duinénil. Mais, deux mois après son entrée, il se manifesta une agitation des plus vives avec les symptômes les mieux caractérisés de la paralysie progressive. Aujourd'hui, l'embarras de la parole est extrême, le malade en est réduit au dernier degré de son affection, et le délire des grandeurs a non-seulement persisté, mais il s'm!

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