‹ Traité des maladies mentaleChapitre 37 sur 500 · ALIÉNATION DANS [/ANTIQUITÉ. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ALIÉNATION DANS [/ANTIQUITÉ. — TRAITEMENT

coup de frictions'.. .. Celse, un des admirateurs d'Asclépiade et son commentateur, dit avec assez de justesse, à proposdes perplexités des médecins dans certaines circonstances déterminées, que lorsque le danger est pressant, on fait avec raison bien des choses qu'il ne faudrait pas faire dans d'autres circonstances. A propos de la saignée, il ajoute : « Il est des temps, même dans la fièvre continue, où, si elle ne diminue pas, du moins elle ne va pas en augmentant; et si ce moment n'est pas plus avantageux pour faire des remèdes, on ne peut disconvenir qu'il ne soit assez favorable. On doit même saigner si les forces du malade le permettent (1). »

Quoi qu'il en soit, les anciens ne s'en tenaient pas, dans le traitement des émissions sanguines chez les aliénés, à la seule saignée du bras, et en cela leur manière de faire doit être conseillée. L'application des ventouses scarifiées sur la tète, la saignée des veines du pied, des veines frontale et linguale, celle de l'artère temporale même, étaient en rapport avec des indications curatives que nous avons trop négligées peut-être, sans compter que la réaction très juste, en principe, qui s'est établie contre les saignées exagérées chez les aliénés, nous a fait trop abandonner aussi ce mode précieux de traitement. Une simple, citation de Ca?lius Aurelianus va nous faire voir avec quel soin les anciens déduisaient les indications à suivre de la situation pathologique des individus.

« Si la maladie demeure stationnaire, dit le traducteur de Soranus, on applique et l'on promène des ventouses scarifiées, d'abord à la poitrine, entre les épaules, car ces régions supérieures ont d'étroites connexions avec la tète, puis à l'occiput, au ventre et aux tempes. Mais ces applications à la tète ne doivent être ni trop rapprochées, ni trop largement faites, car leur trop vive excitation, au lieu de n'agir que sur les téguments, appellerait le sang des autres parties du corps sur celle qui est déjà malade et augmenterait conséquennnent l'aliénation. Les sangsues pourront être aussi apposées au front et aux tempes, en ayant soin de favoriser ensuite l'écoulement du sang par des cataplasmes de pain ou par toute autre substance adoucissante, ou par des éponges imbibées d'eau chaude. Si les symptômes persistent, on remettra ce même moyen en usage, le second et le troisième jour, et plusieurs fois au besoin. Si les régions couvertes de ventouses et les piqûres de sangsues sont douloureuses, on les humectera soit avec de l'huile, soit avec une décoction d'eau de mauve, et l'on y fera des onctions de cérat (2). »

Les indications sur la nécessité de l'isolement de ces malades décèlent,

(1) Celse, liv. III, chap. xvin : Des trois espèces de folie, et particulièrement du traitement de la folie que les Grecs appellent frénésie.

(2) Cîclius Aurelianus, Rb. I, cap. xi.

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