‹ Traité des maladies mentaleChapitre 386 sur 500 · PÉRIODE DE STUPEUR. — MÉDICATION EXCITANTE, DOULOUREUSE · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE STUPEUR. — MÉDICATION EXCITANTE, DOULOUREUSE

pour 125 grammes de véhicule 10 centigrammes de sel de morphine, qu'on prend par cuillerée à café tous les quarts d'heure, quelques cuil-l lerées moyennes de sirop de pavot ou diacode, des pilules contenant 25 milligrammes d'extrait gommeux , quelques gouttes de ce que l'on nomme laudanum de Sydenham ou de Rousseau, enfin toute préparation analogue contenant tout ou partie active de cette substance, cela suffit. Le calme qui avait disparu revient, et les phénomènes nerveux rentrent dans l'ordre. » (Sandras, ùuvr cit., t. I, p. 88.)

Dans les périodes rémittentes des accès d'agitation qui signalent la folie héréditaire, je n'emploie pas les opiacés dans des proportions plus considérables. Quand les malades, ce qui arrive assez souvent, vu les! anomalies étranges que présentent les tempéraments habituels, sont réfractaires aux opiacés, j'ai recours à l'un des succédanés les plus sûrs de l'opium, la belladone. Dans un grand nombre de circonstances, je me suis bien trouvé d'unir la belladone à l'opium en proportions égales. Les indications les plus précises sont celles où l'état mental des malades est aggravé par des douleurs névralgiques. J'aurai occasion de parler de la belladone à propos de la folie épileptique.

Répression mélancolique extrême, stupidité. Médication révulsive et douloureuse; vésicatoires, sétons, moxas, électricité. — Autant

l'emploi de la médication révulsive et douloureuse est contre -indiquée dans les périodes initiales de la folie, et, généralement, dans les périodes d'excitation, ainsi que nous l'avons vu, autant il est utile d'y recourir lorsque l'affection se prolonge indéfiniment, que les malades tombent dans un état de prostration et de stupeur qui persiste d'une manière inquiétante, et dont il est impossible de prévoir la terminaison.

Dans les folies héréditaires qui se rattachent au tempérament apoplectique des ascendants, aux dispositions individuelles des malades à la congestion cérébrale, je me tiens toujours en garde contre les dangers des périencéphalites insidieuses. Lorsque l'état de dépression et parfois de stupidité continue sans alternatives d'aucune sorte, je n'hésite pas à recourir aux vésicatoires, aux sétons, aux frictions stibiées sur la tête ou à la nuque. La science a enregistré nombre de faits de terminaison heureuse d'états mélancoliques avec dépression et stupeur par l'application de vésicatoires et d'autres exutoires.

La nature nous met elle-même sur la voie des résultats favorables que l'on peut obtenir par la médication révulsive. Beaucoup de crises heureuses ont été déterminées par des plaies, par des lésions entraînant d'abon danles suppurations, par l'apparition de furoncles et d'anthrax. « J'ai eu occasion, dit M. Guislain, de voir un mélancolique qui s'était fait une

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