INDICATIONS PROPHYLACTIQUES FOURNIES PAR LE MARIAGE
Mariages ; intervention médicale pour empêcher les unions entre individus prédisposés à l'aliénation en raison d'influences héréditaires de mauvaise nature. — « L'avantage que la société et la civilisation ne manqueraient pas de réaliser, dit M. Calmeil, en contribuant à diminuer la fréquence des cas de phlegmasie'cérébrale, dont les manifestations extérieures sont, la plupart du temps, effrayantes ou peu consolantes à voir, fait presque regretter dans certains instants que la législation ne soit pas chargée d'intervenir et de s'interposer, comme elle se décide à le faire dans certains cas d'idiotisme, pour couper court à certains projets de mariage dont l'accomplissement pourrait concourir à propager les vices d'organisation qui contribuent à perpétuer les maladies inflammatoires de l'appareil nerveux. Ce que les lois sont impuissantes à accomplir, la médecine devra quelquefois le tenter et s'efforcer de l'obtenir lorsque des familles bien inspirées prendront l'initiative pour recourir à ses conseils et aux lumières de sa probité.
» Il est du devoir des médecins que l'on consulte dans des circonstances où l'on a conçu des doutes, de ne jamais dissimuler la possibilité des inconvénients auxquels s'exposent ceux qui s'unissent à des partis dont les lignées paternelle ou maternelle, et surtout l'une et l'autre de ces lignées, ont présenté un assez grand nombre de cas d'épilepsie, d'idiotisme, d'apoplexie, de paralysie générale ou d'autres affections analogues. On ne peut pas nier que le mari, que la femme sur lesquels pèsent de pareilles prédispositions, ne soient bien plus enclins que d'autres à toutes les maladies de l'encéphale, et les enfants qui leur seraient redevables de l'existence auraient certainement à craindre le sort de leurs aïeux. On ne devra donc pas conseiller le mariage aux personnes qui se trouvent placées dans de telles conditions d'hérédité.
» Les médecins, ajoute M. Calmeil, devraient se prononcer avec moins de réserve, avec plus d'assurance encore, si on leur demandait leur avis sur les conséquences probables d'un mariage projeté entre des fiancés prédisposés à un très haut degré, ebacun de leur côté, aux affections inflammatoires de l'encéphale, et ils ne pourraient que s'opposer à une
l'invasion chez eux, surtout si elles avaient existé chez l'un ou l'autre de leurs parents. 3" La circonstance de l'hérédité ne peut conduire à l'emploi des moyens enratifs particuliers ou spécifiques pour les maladies qui résultent de la surexcitation nerveuse; mais elle exige que parmi les agents adaptés à la nature de ces maladies, il soit fait un choix, pour ne mettre en usage que ceux dont la puissance modificatrice est la mieux démontrée. Elle exige encore que le traitement soit continué avec une persévérance toute spéciale, et de concert avec le traitement prophylactique, toujours destiné à atténuer la puissance pathogénique de la prédisposition organique héréditaire. (Gaussail, ouvr. cit.)