OBSESSION DÉMONIAQUE. — SUCCUBES, INCUBES
niaques, de succubes et d'incubes. Le terme hyperesthesia psychica sexualis semble particulièrement leur convenir.
E. Dans mes Etudes cliniques encore, on trouve l'exemple d'une demoiselle de quarante à quarante-cinq ans, très religieuse, et qui n'avait jamais voulu se marier pour consacrer son existence entière aux entants de sa sœur. Elle fut, un jour, prise de convulsions hystériques pendant lesquelles, au grand étonnement de sa famille, elle se déclara enceinte, prétendit sentir toutes les douleurs de l'enfantement, au point que l'on s'empressa d'aller chercher un accoucheur qui rassura les parents et prescrivit une potion antispasmodique qui calma la malade. Cette demoiselle fut ultérieurement confiée à mes soins, et finit tristement ses jours dans un asile d'aliénés. Son existence se résumait dans une série d'états de dépression {mélancolie) et d'excitation [manie). On se fait difficilement une idée de la violence des actes délirants de ces sortes de malades et de la dépravation de leurs instincts.
F. Je fus, un jour, appelé dans un couvent où l'on recevait quelques femmes malades comme pensionnaires. Parmi elles se trouvait une vieille demoiselle de soixante-cinq ans qui avait mis toute la communauté en émoi par ses cris et ses vociférations. Je la trouvai blottie dans un coin de sa chambre, les cheveux épars et à peu près nue ; elle quittait sa position pour sauter sur les meubles, grimper après les murs et demandait, à grands cris, que l'on chassât le diable qu'elle avait dans le corps. Je la fis transporter à l'asile des aliénés, où des grands bains , des antispasmodiques et un éméto-cathartique ramenèrent le calme dans l'état nerveux de cette hystérique qui avait déjà eu plusieurs semblables accès de folie. La première attaque avait eu lieu à la suite d'un mariage manqué, et, depuis, cette demoiselle était toujours restée soutirante, névropathique et soumise à de véritables accès hystériques.
G. On a vu plus d'une fois les interprétations maladives de jeunes hystériques compromettre le repos des familles et l'honneur des personnes. Une jeune aliénée chez laquelle une éducation exceptionnelle, dans un pensionnat destiné à la classe riche, avait développé des besoins et une ambition que le manque de fortune de sa famille l'empêchait de réaliser, donna de bonne heure des signes d'hystérie. Elle en était arrivée, à la suite de vomissements continuels, à un grand état d'amaigrissement, mais la surexcitation nerveuse et la tendance aux hallucinations semblaient augmenter dans la proportion de l'affaiblissement général (1).
(1) Je n'ai jamais remarqué une aussi grande fréquence dans les vomissements que chez les jeunes hystériques de cette ville. A l'hospice de Rouen, M. le docteur Lcudet iils m'a signalé des malades hystériques qui, depuis des mois, des années, rendaient leurs