G88 SENSATIONS EXTHAORDIN AIRES . — HALLUCINATIONS SPÉCIALES
lectuels si considérables, que le repos et le bonheur de son mari en furent non-seulement altérés, mais que son existence même courut plus d'un danger. Les accès de jalousie de cette malheureuse témme allaient jusqu'à la fureur, et ses appétits vénériens, très prononcés, n'étaient jamais salisfaits qu'aux dépens d'une atteinte très grave portée à sa sensibilité nerveuse. Je ne comprends pas comment, dans la situation de cette malade, des médecins ont pu conseiller une nouvelle grossesse. Madame avait des spasmes, des convulsions, et ressentait les symptômes principaux de l'hystérie. Ses impressions sensoriales maladives déterminaient des actes délirants caractéristiques. Il lui est arrivé plusieurs fois d'ouvrir la fenêtre de la chambre où elle était seule avec son mari, et d'appeler au secours, comme si on l'égorgeait. D'autres fois elle avait pour but de provoquer des visites domiciliaires dans son appartement afin de voir s'il n'y avait pas quelque part des femmes cachées. Cette malheureuse malade a été placée dans la plupart des maisons de santé de l' Allemagne, et l'on n'a [m la garder nulle part. Elle est morte il y a quelque temps, ayant conservé' pendant plus de douze ans toute l'activité de ses impressions sensoriales, et présenté, pendant cette même période, les alternatives de dépression et d'exaltation propres à cette variété de malades.
1. Je terminerai cette série de faits pathologiques par une dernière observation qui, mieux encore que les réflexions que j'ai émises, fera ressortir la nature du délire des actes propres aux aliénés hystériques. Leur folie a des caractères si protéiformes qu'on ne peut assez l'examiner sous toutes ses faces, dans l'intérêt du traitement et de la médecine légale.
Madame L. .., qui a été confiée à mes soins dans l'asile des aliénés de la Meurthe, en 1852, était alors âgée de vingt-cinq ans ; elle comptait cinq années de mariage. Fille, elle se distinguait par ses sentiments affectueux, sa piété, son éducation; épouse, elle apportait dans son ménage toutes les qualités nécessaires au bonheur; mère, il y a trois ans, ses sentiments furent douloureusement affectés par la mort de son enfant.
D'après le témoignage des personnes qui ont donné leurs soins à madame L..., d'après ce qu'elle nous raconte elle-même, cette intéressante malade aurait déjà passé par diverses phases névropathiques et subi diverses maladies bien propres à nous éclairer sur l'origine de ses tendances actuelles. C'est ainsi qu'à seize ans elle devint hystérique. La description qu'elle nous fait de ses souffrances, delà bizarrerie de son caractère, de cette sensation de boule partant de l'utérus et remontant jusqu'à la gorge, avec sentiment de strangulation, le tout suivi de pleurs et de rires sans motifs, nous démontre bien, en effet, une affection hystérique. C'est pour guérir cette névrose que les médecins conseillèrent le mariage