‹ Traité des maladies mentaleChapitre 455 sur 500 · HYSTERIE GUÉRIE PAR LE MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

HYSTERIE GUÉRIE PAR LE MAGNÉTISME

cri, malgré l'envie qu'elle en avait. Cela peut surprendre, ainsi que l'absence de convulsions dans les muscles de la face. Jamais la malade n'a fait une grimace et n'a eu le trismus.

» Pendant deux mois entiers que ces accidents se développèrent graduellement pour arriver à un degré inimaginable, la pauvre petite fdle, d'ailleurs très frêle, arriva à un état de dépérissement extrême ; privée d'aliments et ne pouvant en avaler aucun, même dans les intervalles des crises, qui étaient devenus d'ailleurs fort courts, on conçoit qu'il n'était pas possible qu'elle vécût longtemps.

» Les essais de toutes sortes de remèdes n'amenaient aucun soulagement, ou semblaient même augmenter le mal. Dans le bain, par exemple, elle devenait oppressée, et ses douleurs de ventre étaient plus intolérables. La peau en cet endroit était tellement douloureuse, que la crainte d'être touchée du bout du doigt la faisait trembler, et d'ailleurs la peau de toute la surface avait acquis une sensibilité anormale dont on voit peu d'exemples.

» A bout de toutes mes ressources, nous arrivâmes, en désespoir de cause, à parler du magnétisme animal dans une consultation où assistaient les docteurs Blanche et Desbois. Les parents n'avaient jamais entendu parler du magnétisme, autrement, que comme une jonglerie, de. sorte que ce ne fut qu'après une certaine insistance de notre part, et après • avoir bien vu l'inutilité de nos remèdes, qu'ils se décidèrent à laisser entreprendre la magnétisation.

» Je dirai pourtant que le chloroforme arrêtait assez promptement les convulsions, niais elles revenaient , 'et nous avons craint d'en continuer l'usage. D'ailleurs l'enfant nous affirmait qu'elle souffrait intérieurement davantage , et qu'elle préférait avoir des convulsions plutôt que ces suspensions douloureuses.

)> Enfin une crise de vingt-deux heures non interrompue et la syncope qui la suivit décidèrent tout le monde ; la mort devenait imminente. Nous confiâmes la jeune malade au docteur Saint-Évron, dont les études spéciales.la connaissance pratique des opérations magnétiques et la bonne foi, étaient une garantie pour la famille et pour nous-même. C'était le 25 mars.

» Chose vraiment miraculeuse, à la première magnétisation d'un quart d'heure seulement, les crises furent arrêtées, l'enfant fut livrée au sommeil ; elle eut ensuite la possibilité de boire sans peine, et même de manger un potage. Le somnambulisme se déclara dès cette première tentative.

» A partir du 27, la malade put prendre des bains, et elle s'y trouva bien tant qu'elle fut en état magnétique.

» Les crises, qui étaient tantôt fréquentes et courtes, tantôt très longues,

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