‹ Traité des maladies mentaleChapitre 454 sur 500 · HYSTÉRIE GUÉRIE PAR LE MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

HYSTÉRIE GUÉRIE PAR LE MAGNÉTISME

térieur, et les douches et les compresses d'eau froide à l'extérieur. Cet honorable médecin, qui déploya dans ce traitement si long, car il ne dura pas moins de trois ans, un tact remarquable et une patience à toute épreuve, est parvenu d'abord à rompre la périodicité des accès ; puis à diminuer leur intensité et leur durée. Enfin il a eu la satisfaction de les voir cesser complètement, et il croit pouvoir affirmer que madame *** est radicalement guérie de sa catalepsie.

2° Hystérie chez une enfant de treize ans; phénomènes convulsifs, opisthotonos , cmprostliotonos. 4oiiérison par le magnétisme animal.

— Je ne voulais donner que l'abrégé d'une observation de guérison par le magnétisme publiée par M. le docteur Vingtrinier (de Rouen) ; mais ce l'ait m'a paru si intéressant, que je laisse parler l'auteur sans rien enlever à l'originalité de son récit.

« Une jeune fille de bonne et modeste maison, bien simple, bien naïve, une enfant que j'ai mise au monde, que j'ai toujours soignée avec intérêt et amitié, ainsi que ses bons parents ; une jeune fille de treize ans, dis-je, nous a fourni ce fait curieux au dernier degré, fait qui n'a guère d'exemples dans les annales de la médecine, mais qui en a beaucoup plus dans les faits de possession diabolique.

» Occupée de ses études, dans une pension à la campagne, la jeune fille était bien portante, quoique faible, lorsqu'il lui survint des douleurs dans le ventre et de la sensibilité à l'extérieur, surtout au milieu de la région abdominale. On la fit revenir à la maison paternelle.

» Bientôt les douleurs augmentèrent ; la sensibilité surtout devint remarquable par la production de la douleur au plus léger toucher ; elle s'étendit ensuite dans les côtés.

» Du reste, point de fièvre, mais peu d'appétit; tristesse, souffrance dans les mouvements.

» Après deux mois d'un traitement inauguré en janvier et février 18/i8, qu'il est inutile de détailler, rien n'amenait de rémission; plusieurs consultations furent faites qui conclurent à l'existence d'une inflammation du péritoine, à des engorgements mésentériques, et à une influence particulière de l'utérus, peut-être disposé à la menstruation.

» Un traitement dirigé en ce sens n'amena aucune amélioration. Bien mieux, pendant sa durée la jeune fille fut prise, en même temps que de ces douleurs continues du ventre, de crises convulsives; ce furent d'abord des secousses musculaires, puis des roideurs et immobilités tétaniques dans les membres supérieurs et inférieurs.

» Après, ce furent des mouvements séparés des membres supérieurs et inférieurs : ainsi, pendant des heures entières, elle frappait des mains

ïkh hystérie guérie par le magnétisme.

sur le lit comme font les femmes qui battent la lessive, ou bien c'étaient les pieds qui , sans discontinuer d'un moment, frappaient sur la couche, de manière à user la peau des talons.

» D'autres fois c'étaient descrises de roideur générale et tétanique de tout le corps, de manière que la tête et les pieds se rapprocbaient, soit en avant, soit en arrière, pour mettre le corps dans l'état qu'on appelle Yopisthotonos (courbure du corps en arrière) et Yemprosthotonos (courbure du corps en avant).

» D'autres fois l'enfant appuyait sa tète et ses talons sur son lit, soulevait le corps et s'enlevait en saut de carpe à une certaine bauteur. Si l'on n'avait été là jour et nuit, elle se lût certainement blessée horriblement; ces crises-là, déjà bien extraordinaires, devaient cependant être dépassées en intensité par les crises qui suivirent. D'abord elles se renouvelaient deux, trois et cinq fois par jour ; elles durèrent ensuite une, deux et trois heures, et enfin allèrent jusqu'à persister, sans laisser le moindre repus, pendant vingt-deux heures sur vingt-quatre.

» Or, tant que la crise durait, l'enfant ne pouvait ni boire ni manger ; les muscles de la déglutition étaient en état de spasme et de contraction, comme tout le reste du système musculaire de la vie animale. Mais voici une autre et bien étonnante aberration des organes du mouvement qui survint dans le temps où les convulsions persistèrent pendant quinze, vingt et vingt-deux heures sans aucune rémission.

» Il arriva, et cinquante fois peut-être, qu'après avoir fait le saut de carpe et avoir été reçue par son gardien, qui était un homme très fort et qui y prenait autant d'attention que d'intérêt, l'enfant était forcée de prendre toutes sortes de poses bizarres, comme la pose de la défense, de la menace, de la prière, de la colère, etc. Enfin, un jour survint le phénomène convulsif le plus inexplicable encore qu'il nous ait été donné d'observer. Jetée roide et droite sur les bras de son gardien, la jeune tille se prit à tourner sur elle-même, comme fait un poulet à la broche, et avec tant de rapidité, qu'on pouvait à peine compter ces rotations du corps. .l'ai vu de mes yeux, et plusieurs fois, tous ces accidents, et particulièrement le dernier, auquel je n'ai voulu croire, je l'avoue, qu'après l'avoir vu : j'ai compté une fois vingt-huit rotations, une autre fois quinze, une autre six, et en mon absence le gardien en a compté jusqu'à quarante sans aucun temps d'arrêt. Je me demande si les plus célèbres équilibristes pourraient faire de pareils tours d'agilité.

» Remarquons que l'intelligence restait presque toujours intacte au milieu de tous ces mouvements fatigants; l'enfant entendait tout ce qu'on disait, mais ne pouvait ni articuler un mot, ni même pousser un

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