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MÉDICATION SPÉCIFIQUE : TARTRE STIBIÉ, BELLADONE, ETC

d'atropine, de la belladone, du sulfate de quinine, et d'une foule de médicaments successivement employés, fut un éloigneinent plus grand de chaque accès, c'est-à-dire que, au lieu de survenir tous les trois mois, la crise n'éclatait que vers le quatrième ou cinquième mois. Mais cette modification elle-même déterminait des accès plus violents et suivis de phénomènes comateux très inquiétants. Je fus amené à changer de traitement, en observant que chaque crise trimestrielle d epilepsie était précédée de troubles très grands des fonctions digestives. La langue devenait saburrale, l'appétit se perdait, et des vomissements très copieux de bile annonçaient que l'accès était imminent. Je résolus de prévenir cet état critique en donnant à la malade, trois ou quatre jours avant l'accès, un éméto-eathartique : sirop d'ipéca, 60 grammes ; émétique, de 5 à 10 centigrammes, selon les évacuations plus ou moins copieuses que je désirais obtenir. Je prescrivis en même temps l'usage de l'eau de Vichy comme boisson, mélangée avec le vin, et une diète où prédominait l'élément végétal, caria malade était d'une constitution très pléthorique. Je fus assez heureux d'obtenir une première rémission de six mois, et une deuxième de plus de deux ans. Un léger accès d'épilepsie a néanmoins eu lieu dans ces derniers temps ; mais tout me fait espérer que le traitement indiqué amènera une amélioration que je n'avais pu amener par les médicaments spécifiques les plus actifs (1).

MétliemiicnSs spéeiBsujMCS. SseSIîêdone, sulfate «le quinine. — Je dois

à l'obligeance d'un de mes savants collègues, M. le docteur Girard de Cailleux, médecin directeur de l'asile des aliénés à Auxerre, une communication sur l'emploi de la belladone dans le traitement de l'épilepsie. Les considérations prophylactiques et hygiéniques qui accompagnent ce document m'ont paru avoir une importance trop grande pour que je ne me fasse pas un devoir de les publier dans un intérêt général.

« La belladone, dit M. le docteur Girard de Cailleux, ne doit pas être employée comme méthode exclusive dans le traitement de l'épilepsie ;

(1) Cette observation a quelque analogie avec celle qu'a publiée M. le docteur Eenens (Archives de médecine belge, numéro de mai 1846). Tous les traitements avaient échoué chez un épileptique de trente-trois ans. De guerre lasse, M. Eenens eut recours à la potion suivante :

Eau distillée 180 grammes.

Cochenille . OS',15

, Tartre stibié OS' ,30

A prendre par cuillerée, toutes les deux heures, dans un quart de litre d'eau sucrée. Le deuxième jour, il porta la dose de tartre stibié à 0,80; le troisième jour, à 0,75, et enfin à 1 gramme ; puis il diminua insensiblement les doses. Les accès n'ont plus reparu. Ce qu'il y a d'étrange, c'est que la ..lie de cet individu, étant devenue épileptique, fut guérie par la même médication.

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elle a ses indications et ses contre-indications. 11 faut essentiellement tenir compte de la forme de la maladie, de sa marche, de son origine, de la nature du délire qui la complique, des états physiologiques ou morbides qui l'accompagnent.

» La forme qui se prête le mieux k l'administration de la belladone, est celle où il y a prédominance d'excitation, de fureur, de délire maniaque, d'illusions ou d'hallucinations, quelle que soit du reste la violence de l'accès ou l'intensité des convulsions toniques ou cloniques. S'il y a au contraire prédominance d'étourdissements, de vertiges, ou si la maladie consiste simplement en vertiges épileptiques, on devra donner la préférence à l'aconit.

» La marche de l'affection a une grande influence sur l'emploi de la substance narcotique. Si les accès sont isolés, il n'y a rien de particulier; mais s'ils arrivent par séries, par groupes, il faut administrer la belladone pendant les moments de calme et la supprimer aussitôt que les crises nombreuses se manifestent, sans quoi elles deviendraient plus violentes, plus considérables, ainsi que les divers" troubles des sens. Nous avons observé certains cas où la belladone, employée contre des accès isolés, finissait par les suspendre pendant quinze jours, un mois, deux mois, puis ramenait les crises par séries.

» L'origine de l'affection, continue M. le docteur Girard, a moins d'influence sur le choix de la substance que sur le choix ou l'opportunité des traitements locaux ou généraux, opposés à la cause occasionnelle de l'état morbide. Il existe des cas légers, comme ceux, par exemple, où l'on a affaire à une diathèse, à une cachexie curables, qui demandent d'abord le traitement antidiathésique, anticachectique, pour se prêter ensuite plus facilement à l'action de la belladone. Dans d'autres cas, où l'affection est plus sérieuse, il est préférable de faire marcher parallèlement les deux médications. Si une suppression de la fonction menstruelle a été la cause occasionnelle de 1 epilepsie, on peut administrer tout de suite la belladone, mais il faut en même temps agir sur l'économie pour la rasseoir, la tonifier, modifier ses vices, la préparer de loin à recouvrer sa fonction perdue. Si l'hémorrhagie reparaît, on suspendra la belladone pendant l'écoulement du sang; on administrera quelques antispasmodiques spéciaux, comme le castoréum, dont l'action est si sensible sur le cours des règles, et, une fois l'hémorrhagie cessée, on reviendra à la belladone.

» Si l'épilepsie dérive de quelque grand travail physiologique perverti, comme la dentition, la puberté, etc., il faut se préoccuper avant tout de seconder les efforts de la nature: d'un côté, stimuler les forces vitales,

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