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BELLADONE DANS L'ÉPILEPSIE

si le travail manque des éléments nécessaires pour se manifester complètement; d'un autre côté, modérer, tempérer leurs effels, les répartir sur une plus grande surface, c'est-à-dire faire cesser Yégoïsrne de certains organes qui accaparent l'activité générale. C'est dans ces cas que la belladone joue un rôle secondaire, il est vrai, mais très efficace à un certain moment.

» Si la cause occasionnelle est de l'ordre moral, la belladone, comme méthode exclusive, aidée toutefois des traitements hygiénique et moral, nous a donné les résultats les plus satisfaisants.

» Les différents états physiologiques doivent être respectés ; il est bon de suspendre la belladone pendant qu'ils se manifestent, surtout si la dose est très élevée.

» Quant aux états pathologiques qui compliquent l'épilepsie, ils réclament une médication plus ou moins active, en rapport avec le retentissement qu'ils peuvent avoir sur l'affection principale. Si l'hystérie, qui accompagne souvent l'épilepsie, consiste en quelques spasmes, en symptômes légers, on pourra ne pas s'en préoccuper; mais, si les accidents sont trop violents, il faudra traiter à la fois l'épilepsie et l'hystérie. C'est dans ce but qu'on associe à la belladone l'osa fœtida , le dutura stramonium , etc.

» {De l'administration de la belladone.) — Pour obtenir des résultats satisfaisants, il faut l'employer à doses croissantes et pendant un temps considérable. On commence par 0gr,-025 à 0gr,05, suivant l'âge, la constitution des malades, et l'on augmente tous les mois de 0gr,01 à 0gr,05, suivant la marche de l'affection et le nombre des crises. Arrivé à 0gr,50, 0gr,75, 1 gramme même par jour, on maintient cette dose pendant un certain temps, etc. Si la maladie cède, on redescend progressivement jusqu'au point de départ. Si les accès diminuent de nombre et d'intensité, on laisse le malade à la dose minima, mais, s'ils ne sont pas heureusement modifiés, on recommence à augmenter successivement les doses, jusqu'à ce qu'on atteigne la dose maxima, et ainsi de suite. Eu agissant avec cette prudence, on n'a jamais eu d'accidents à déplorer.

» Dans le cas où les accès seraient très violents, on pourrait augmenter la belladone toutes les semaines, au lieu de le faire tous les mois. »

Voici maintenant, pour ce qui regarde l'emploi de la belladone par M. le docteur Girard de Cailleux, les résultats obtenus par cet honorable praticien.

« Sous l'influence de la belladone : 1° Quelques malades ont été guéris. — 2° Chez un certain nombre, les crises ont été diminuées au point qu'il ne s'en manifeste plus qu'à des époques très éloignées les unes des autres;

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cliez beaucoup de ces malheureux, l'amélioration a été telle, que leur existence, compromise et douloureuse, est devenue supportable. — 3° La violence des convulsions, l'intensité du délire, delà fureur, se trouvent très avantageusement modifiées; nous n'avons plus d'épileptiques furieux. — h" La démence, dans la grande majorité des cas, est prévenue ou ar-^ rêtée, et la paralysie générale est prévenue ou heureusement modifiée. »

J'ajouterai que, pour ma part, je me suis mieux trouvé de l'emploi de la belladone, vantée également par M» Debreyne, que de celui du valérianate d'atropine, qui parait cependant avoir de si puissants résultats entre les mains de M. le docteur Michéa. J'ai employé le valérianate d'atropine sur un grand nombre de malades, à la dose de 1, 2, 3 et 5 milligrammes. Chez la plupart de nos épileptiques, ce médicament a déterminé une grande sécheresse de la gorge, une espèce de constriction de cette partie, dont se sont plaints la plupart de nos malades, et qui nous ont forcé d'en suspendre l'emploi (1).

Il me serait impossible d'entrer dans plus de détails sur le traitement de l'épilepsie, sans empiéter sur les ouvrages spéciaux- qui traitent de cette névrose. Je dois cependant à la mémoire de mon excellent et

(1) Dans un mémoire lu à l'Académie de médecine, M. Michéa a rapporté un certain nombre d'observations d'affections convulsives dans lesquelles il a employé avec succès un composé des deux principes actifs de la valériane et de la belladone, le valérianate d'atropine. La plus grande partie de ces observations est relative à l'épilepsie ; les autres, à des cas d'hystérie, d'asthme et de coqueluche. Le valérianate d'atropine est administré de deux manières, en globules ou en potion. Sous la forme de globules, la dose a varié de 1 demi-milligramme à 2 milligrammes par jour.

Les principaux remèdes contre l'épilepsie sont l'ammoniure de suivre, vanté par Roussel et Frank, le nitrate d'argent, l'oxyde de zinc, quia eu de si heureux résultats entre les mains de M. Herpin. J'aurais pu citer une foule de guôrisons publiées dans les recueils spéciaux, et amenées soit par des remèdes spécifiques, soit par des crises naturelles, telles que les maladies intercurrentes, les plaies, les apparitions d'exanthèmes, les amputations de membres, soit par d'autres moyens extraordinaires, et qui ne sont, dans tous les cas, que des exceptions. Je me contenleraide faire, à ce propos, une réflexion générale : c'est que, dans un grand nombre de circonstances, on a pris des rémissions pour des guôrisons durables. La plupart des guérisons prônées manquent conséquemment d'un véritable caractère d'authenticité. Plus d'une fois on est parvenu à faire avorter plusieurs accès d'épiiepsie ; puis il est arrivé que le malade a été comme foudroyé dans U(l accès suprême qui, à lui seul, a résumé l'intensité de tous ceux qui n'avaient pas eu lieu. Je me hâte cependant d'ajouter que je ne partage pas le désespoir de quelques médecins qui ne croient pas à la curabilité de l'épilepsie. 11 s'agit, en tous cas, de poser le diagnostic et le pronostic, non pas à propos de l'épilepsie en général, mais de telle ou telle variété d'épiiepsie. Je ne puis mieux faire, encore une fois, limité que je suis par la nature d'un sujet aussi vaste que l'aliénation, que de conseiller la lecture du Traité de l'épilepsie de M. le docteur Dclasiauve.

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