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BAINS.— INDICATIONS, BAINS PROLONGÉS

quelques indications sur l'emploi des bains, sur leur mode d'administration et sur leur durée (1 ) : je renvoie, pour ce que j'ai dit sur l'emploi de l'hydrothérapie, aux considérations thérapeutiques que j'ai émises à propos des indications de ce moyen de traitement {Hydrothérapie dans les cas de surexcitation nerveuse chez les malades rcfractaires aux médicaments ou épuisés par une maladie trop active, p. 599, 627, 730).

La température ordinaire des bains tièdes, quand ils sont indiqués pour les aliénés, doit varier de 27° à 30° R. Je les emploie chez les malades turbulents, agités, alternativement exaltés et déprimés, mais surtout dans les cas récents. Quelques médecins se sont bien trouvés, disent-ils, de l'emploi des bains narcotisés, en se servant de feuilles et de semence de stramonium, de ciguë, de belladone et autres plantes narcotiques; je n'ai jamais constaté un résultat bien marqué de ces moyens capables, tout au plus, de rassurer l'esprit de quelques parents de malades qui ne peuvent se faire à l'idée que la folie peut être guérie par les moyens ordinaires.

Il est un fait à remarquer, c'est que, quel que soit en général l'effet sédatif des bains, il est rare que les aliénés agités en obtiennent immédiatement le soulagement qui suit l'usage des bains dans les maladies inflammatoires ordinaires. Ce n'est qu'après un usage continu que la sédation arrive. Dans les affections mentales récentes, on peut prescrire des bains d'une heure, de deux heures, soit tous les jours, soit tous les deux jours; dans les cas chroniques, il faut plus de réserve, comme le fait justement observer M. Guislain : il ne faut pas alors, dit-il, prolonger l'emploi de ces agents avec trop de hardiesse, surtout dans les cas d'affaiblissement des facultés intellectuelles; en obtenant du calme, on peut aussi, selon la judicieuse remarque de Pinel, amener un progrès vers la démence. Le peu de succès des bains de courte durée chez les aliénés agités a inspiré à M. le docteur Brierre de Boismont l'emploi des bains prolongés. M. Brierre place le malade dans une baignoire remplie d'eau tiède, et l'y laisse pendant dix, douze heures ; il lui fait tomber sur la tête un filet d'eau froide. Pendant six à sept jours il répète journellement l'administration de ce moyen. Dans soixante cas, M. Brierre dit n'avoir pas eu à noter aucun accident, aucun symptôme insolite important. (Leçons orales, t. III, p. 108.)

(I) Dans une thèse récente pour le doctoral en médecine : Du bain, de la douche et des a/fusions froides dans le traitement de la folie, et des névroses hystériques et hypochondriaques (Paris, 1859), M. le docteur Brocard, ancien interne de l'asile de Saint- Von, a exposé la méthode que nous suivons pour l'emploi des bains. Le même jeune médecin est entré dans des considérations très intéressantes sur l'utilité des bains dans les affections nerveuses,

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