‹ Traité des maladies mentaleChapitre 471 sur 500 · ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'EAU FROIDE · texte numérisé non relu

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'EAU FROIDE

mot, une reconstitution du sang artériel. La peau, qui est le siège de ces applications, recouvre bientôt l'exercice de ses fonctions, ou les exerce d'une manière plus parfaite; la circulation capillaire y devient plus active, la caloricité y est plus grande, l'absorption et l'exhalation cutanée deviennent également plus promptes et plus complètes. Mais, grâce au consensus général , on ne peut tonifier un organe aussi important et aussi étendu que la peau, sans que cet effet s'étende bientôt à toute l'économie ; la tonicité ainsi produite devient donc générale.

» Pour obtenir ces effets, on ne doit pas faire durer l'application de l'eau froide au delà de quelques minutes, quatre ou cinq par exemple, autrement les effets toniques disparaîtraient graduellement; et si le contact du froid se prolongeait suffisamment au degré indiqué, ils seraient remplacés par les effets opposés. L'économie, épuisée par une trop grande soustraction de calorique, cesserait de réagir, la circulation se ralentirait, la vitalité deviendrait de plus en plus faible, et la sensibilité diminuerait ou même s'éteindrait tout à fait dans les parties refroidies; il y aurait alors sédation, comme dit Cabanis, par suffocation des mouvements vitaux. Comme les précédents, et en vertu de la même cause, ces effets pourraient devenir plus ou moins généraux et s'étendre plus ou moins aux organes profonds. »

Ces considérations physiologiques établissent à quel point un bain froid prolongé au delà de quelques minutes peut déterminer un effet sédatif. Son effet est incontestable dans les grandes exacerbations, au début de quelques aliénations mentales avec manifestation d'irritabilité extrême, ainsi que cela se voit dans l'intoxication alcoolique, par exemple(l). Je renvoie, pour les contre-indications, à ce que j'ai dit plus

(1) Appelé, un jour, pour un jeune villageois âgé de dix-neuf ans, devenu maniaque sans autre cause connue que d'avoir fait peut-être quelques libations exagérées il y avait quelques jours déjà , j'obtins une sédation immédiate en laissant le malade pendant une heure dans un bain frais ; on avait le soin de lui faire de temps à autre une affusion fraîche sur la tête avec une pomme d'arrosoir. La sédation fut immédiate. Le malade, en sortant du bain, de furieux qu'il était en entrant, se montrait d'une douceur extrême ; il dormit profondément, et le lendemain il ne délirait plus ni en idées ni en actes. Tout était prêt cependant pour le mener à l'asile voisin. Dans une autre circonstance, ne pouvant organiser un bain pour une pauvre villageoise en proie à un grand délire maniaque trentecinq jours après ses couches , je la fis envelopper de draps mouillés pendant une demiheure, ayant soin d'entretenir l'humidité par des aspersions d'eau fraîche. En sortant cette femme de ses enveloppes, j'avais soin de la frictionner pendant quelques minutes avec un drap sec, car la prostration était extrême et la réaction à la peau aurait trop tardé à s'établir. Ces bains frais d'une demi-heure à trois quarts d'heure, continués pendant huit jours, amenèrent une sédation complète. Le même moyen me réussit admirablement dans une chorée aiguë, suite d'un accouchement difficile, et que rien n'avait pu calmer. Dans

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