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DES DOUCHES SUR LA TÊTE ET DE LEUR ACTION

haut (1). Quant aux irrigations d'eau froide sur la tète, j'ai depuis longtemps renoncé aux douches formidables que j'ai vu employer dans ma jeunesse. Il y a longtemps que Georget s'est élevé avec force contre ce moyen. «Ce sont, dit-il, des souffrances si grandes, que les aliénés les plus furieux ont assez de raison pour demander qu'on les leur épargne. La douche, finalement, doit désorganiser le cerveau et déterminer l'incurabilité dans bien des cas ; c'est un moyen qu'on devrait proscrire comme antimédical.» M. Rech (de Montpellier), qui professe le plus grand enthousiasme pour la douche d'eau froide sur la tète, avoue cependant que c'est un moyen qui peut devenir mortel, et qui d'ailleurs détermine souvent des sensations très douloureuses, etc. (2). « Il me semble, dit avec raison M. le docteur Brocard dans la thèse citée, qu'un moyen qui, d'après M. Rech, est pour les aliénés un supplice affreux, qui leur fait éprouver les angoisses horribles de la suffocation et de l'asphyxie; qu'un moyen dont on ne peut , en aucun cas, prévoir les effets à l'avance, qui peut déterminer une foule d'accidents et même la mort, devrait être banni aujourd'hui de la thérapeutique de l'aliénation mentale. Les procédés que nous employons à l'asile Saint-Yon, et que les médecins peuvent avoir partout à leur disposition, même dans les familles les plus

la baignoire où l'on avait placé la malade, les efforts les plus vigoureux n'avaient pu la maintenir; elle se blessait en se frappant la tète contre les parois. Elle en était arrivée à ne pouvoir plus prendre de nourriture, et la mort était imminente. L'emmaillottement continué pendant une heure amena une sédalion inespérée, et cette femme était guérie au bout de quelques jours. Je ne crains pas d'entrer dans tous ces détails, car les médecins non-aliénistes pour lesquels j'écris se trouvent souvent dépourvus de tout moyen d'action dans les familles pauvres où éclate un délire aigu. Il est bien entendu que je ne rejette pas l'emploi de la saignée, mais ce moyen ne doit être pratiqué que dans les cas de délire aigu, suite de congestion ou d'encéphalite. Je vais en parler dans un instant.

(1) Il est presque inutile dédire que nous ne soumettons pas aux bains froids etaffusions les malades tuberculeux ou affectés de quelque maladie du cœur, les vieillards, les infirmes et cachectiques. Pour les jeunes sujets même, on ne doit employer ce moyen qu'après les avoir examinés et auscultés. Nous savons maintenant que les troubles de la sensibilité générale chez les aliénés peuvent donner le change sur l'existence des maladies internes, dont l'expression symptomatique n'est pas la même chez ces malades que chez ceux dont la situation pathologique ne se complique pas du trouble de la raison.

(2) Rech , De la douche et des affusions d'eau froide dans le traitement des aliénations mentales. — Je ne parle pas des bains de surprise, qui consistaient à précipiter les aliénés d'un lieu plus ou moins élevé dans la rivière. Ce moyen est tombé en désuétude par les seuls progrès de la science. Je pourrais cependant citer des cas assez récents où il a été employé par des gens ignorants, à l'insu probablement des médecins. Rien, du reste, de si répandu encore en certain* pays que la croyance à l'efficacité des douches d'eau froide sur la tète. C'est ainsi que la médecine populaire est toujours prête à exagérer les prescriptions de la science.

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