‹ Traité des maladies mentaleChapitre 476 sur 500 · ACTION THÉRAPEUTIQUE DU PHOSPHATE DE FER · texte numérisé non relu

ACTION THÉRAPEUTIQUE DU PHOSPHATE DE FER

Dans le numéro du 29 mai de la Gazette hebdomadaire, M. le docteur Baume a fait une communication très intéressante sur le pyrophosphate de fer et de soude. « Déjà en 1869, dit M. Baume, M. Leras, docteur ès sciences, avait présenté un travail à l'Académie des sciences sous ce titre : Action du sac gastrique sur les préparations martiales employées en thérapeutique. En 1855, il présenta à l'Académie de médecine un mémoire dans lequel il croit pouvoir conclure :

» 1° Que les préparations ferrugineuses employées en thérapeutique sont toutes plus ou moins précipitées ou transformées en oxyde ferriqué dans l'estomac ;

» 2° Que le pyrophosphate de fer et de soude fait exception ;

» 3° Que ce sel semble destiné à prendre rang parmi les préparations les plus efficaces de la médication ferrugineuse. »

Outre les observations qu'il a consignées dans la Gazette hebdomadaire sur l'emploi du pyrophosphate de fer (1), M. Baume a bien voulu me communiquer les faits suivants, qui offrent un grand intérêt pratique : ils indiquent que cet agent thérapeutique a une grande puissance dans les états diarrhéiques et le marasme nerveux, si commun chez les aliénés. Il peut aussi avoir un bon résultat dans les folies suite de couche, et dans tous les troubles de l'esprit qui ont été occasionnés par de grandes hémorrhagies utérines et autres qui ont épuisé les malades et les ont plongés dans le marasme.

« Un artilleur de marine, nommé Klein, abîmé dans les colonies par les fièvres intermittentes, nous était amené, dit M. Baume, au commencement de 1857 dans un état de lypémanic stupide, coïncidant avec une cachexie paludéenne que la quinine avait été impuissante à combattre. Soumis au pyrophosphate pendant une quinzaine de jours, il reprenait bien vite une coloration nouvelle des tissus, et au bout de trois mois il était radicalement guéri de son affection mentale, et sortait de l'asile.

» Un maniaque chronique, le Bot, alité l'année dernière pour un ictère opiniâtre qui, par suite d'infiltrations séreuses, nous faisait croire à l'existence d'une cirrhose, guérissait presque à vue d'oeil sous l'influence du pyrophosphate de fer; il est actuellement bien portant : du reste, aucun changement au moral.

(1) Le pyrophosphate de fer soluble se prend par deux ou trois cuillerées à bouche par jour. On peut aussi, vu le goût styptique très prononcé de ce médicament, que certains malades prendraient avec répugnance, l'associer au chocolat ou au potage de ces malades. 11 existe aussi en pharmacie le sirop de pyrophosphate de fer de M. Robiquet, qui est très agréable au goût, et peut se donner pur, à la dose de trois ou quatre cuillerées par jour.

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