DES SELS IODURÉS DANS LU TRAITEMENT DES GOITRES
» Je pourrais citer d'autres exemples semblables ou analogues ; mais c'est surtout pendant une épidémie de dysenterie, à la fin de 1857, que nous avons pu constater la valeur de ce puissant analeptique. Cette épidémie avait atteint iUO malades. J'extrais de mon rapport médical de 1858 le passage suivant :
« Enfin, quand il s'est agi de réconforter et de reconstituer cette foule » de malades amaigris et décharnés par vingt jours de souffrances atroces, » d'insomnies et de déperditions incessantes, nous avons retiré le plus » heureux effet du pyrophosphate de fer et de soude, dont M. Leras a bien » voulu nous préparer une trentaine de litres. Ce médicament, soit seul, » soit associé au chocolat, a contribué puissamment à modifier les selles » dans la dernière période de la dysenterie, et à relever rapidement des » constitutions épuisées. Les exemples abonderaient sous notre plume, » si nous n'étions arrêté par le cadre de ce travail ; nous nous bornerons » à constater de nouveau que le pyrophosphate de fer nous paraît être, » de toutes les préparations ferrugineuses, la plus efficace, la plus facile » à supporter par des estomacs débilités, et aussi la plus facile à admi- » nistrer à des malades indociles. »
J'ai déjà cité et tous les médecins connaissent les propriétés toniques et réparatrices de l'iode et de ses composés. La légitime importance qui, après les belles recherches de M. le professeur Chatin, s'attache à la présence ou à l'absence de l'iode dans les eaux et dans les airs, m'engage à dire un mot de la médication applicable aux goitreux. Le rapport qui existe entre le goitre et le crétinisme est incontestable, et la première de ces infirmités est si commune, les causes qui l'engendrent sont si actives dans certains de nos départements, que les médecins me sauront gré de leur donner la formule d'une médication qui a été employée avec avantage dans ces derniers temps. M. le docteur Vingtrinier (de Rouen), qui s'occupe avec tant de zèle de la guérison du goitre, administre avec succès les préparations suivantes, dont j'ai été à même, de mon côté, de constater l'efficacité :
Liqueur iodurée (1).
Iodure de potassium 20 grammes.
Iode cristallisé 45
Dans alcool à 34° 1 ,itre- -
Prendre de trois à six gouttes matin et soir dans un verre d'eau sucrée ou dans une tasse de lait.
(1 ) Les remèdes indiqués ont été employés avec succès à Rosière-aux-Salines, sous la philanthropique impulsion de M. Perrot, qui s'occupe avec zèle de l'extinction du goitre et du crétinisme dans cette localité. Ces heureux effets obtenus m'ont été attestés par