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CONCLUSIONS THÉRAPEUTIQUES

Nous avons vu qu'il y avail dos hallucinations qui provenaient des névroses du système ganglionnaire, ou qui avaient leur point de départ dans le trouble des fonctions des organes de la nutrition, dans l'altération des principes constitutifs du sang ; il en est d'autres dont il faut chercher l'origine dans les nerfs sensoriels eux-mêmes. L'intervention directe de l'encéphale peut déterminer ce phénomène aussi bien que les agents toxiques ingérés primitivement dans l'estomac et agissant sympathiquement sur l'organe de la pensée. Il existe des hallucinations hypnagogiques, comme il en est d'autres qui sont dues aux forces actives de notre âme dans les circonstances où la pensée est surexcitée, où une émotion très vive détermine un désordre dans les fonctions physiologiques.

Ce que je dis de l'hallucination comme conséquence d'un trouble fonctionnel ou d'une lésion spéciale des organes doit s'entendre de tous les autres symptômes qui caractérisent la folie, et, à ce point de vue, on entrevoit d'avance les nombreuses indications thérapeutiquès que suscite l'étude des causes de l'aliénation.

A chaque genre de folie doivent s'adresser des principes particuliers de traitement ; c'est ce que nous avons vu à propos des folies héréditaires, hystérique, épileptique, hypochondriaque, sympathique. Les conditions morbides amenées chez les aliénés par les affections du cœur, des poumons, des organes digestifs, par les exanthèmes et les diverses diathèses, par la grossesse, l'accouchement, la puberté, l'âge critique, et par toutes les causes dont j'ai si longuement étudié l'action, fournissent des indications thérapeutiques bien diverses et qui rentrent dans les connaissances que chaque médecin doit posséder. Ce n'est pas, en général, contre tel ou tel état délirant qu'il dirigera sa médication, mais bien contre l'état maladif qui trouble les rapports de l'àme et de son instrument malade, le corps.

11 sait qu'il est des circonstances où il ne faut pas chercher à attaquer le mal coup sur coup, aujourd'hui par telle médication, demain par telle autre, et qu'il faut souvent laisser à la nature le temps de se reposer (1). Il fait ainsi une large part à la médecine expectante et ne perd pas de vue le plan qu'il s'agit de suivre.

Il connaît assez maintenant les maladies mentales, pour savoir qu'il existe des folies dangereuses, fatales comme pronostic, si l'on n'isole pas en temps opportun les aliénés dans les maisons de santé.

Mais , avant d'en venir à cette extrémité, il n'abandonnera pas ses droits. Il veillera à la position, la dirigera selon ce que lui apprend sa

(I) Guislain, Leçons orales, t. III, p. 113.

ALIÉNATION, FOLIES IDIOPATHIQOES. 791

science, selon ce que lui conseillent sa prudence et son tact médical.

D'un autre côté, ce qu'on est convenu d'appeler le traitement mora. des aliénés n'est pas un arcame relégué dans les asiles , c'est un instrument dont chacun peut disposer selon ses moyens et ses convictions, selon l'influence légitime que tout médecin instruit doit et peut exercer sur l'esprit des malades et des parents. J'ai souvent, et avec peine, entendu dire à des médecins que leur rôle était stérile dans le cas d'explosion de folie dans une famille ; mais il faudrait alors renoncer à tout ce que nous apprennent l'hygiène morale et la prophylaxie des maladies.

Et, même en admettant que la situation des malades devienne tellement critique qu'elle soit au-dessus des ressources thérapeutiques dont le médecin peut disposer, je pense que son rôle n'est pas tiiii quand l'aliéné a été relégué dans un asile ou dans une maison de santé. J'ai au contraire l'intime conviction qu'au médecin seul est réservé le droit de diriger les familles dans les nombreux conseils qu'elles peuvent lui demander sur l'opportunité des mariages dans des circonstances déterminées, sur l'éducation physique, intellectuelle et morale qu'il convient de donner aux enfants nés de parents aliénés. L'importance que j'ai cru devoir attacher à l'étude des folies héréditaires est la meilleure preuve de ce que j'avance, et l'ouvrage que je livre au public manquerait son véritable but, s'il ne devait être profitable qu'aux médecins qui s'occupent spécialement des maladies mentales.

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