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MÉDICATION STUPÉFIANTE. — OPIUM, ETC

3° La jusquiame vient après. Elle guérit dans un peu plus de moitié des cas, et dans un dixième elle produit de L'amélioration:

ti° La belladone a un peu moins de puissance que la jusquiame: elle guérit dans un peu moins de moitié des cas, mais en revanche elle amène de l'amélioration dans un quart environ.

5° Le datera stramonium et la mandragore marchent sur la même ligne, ils guérissent dans un quart des cas, et améliorent dans environ la moitié.

6° La jusquiame et le datura stramonium guérissent au bout d'un intervalle un peu plus court que l'opium, le chlorhydrate de morphine et la belladone.

7° Les narcotiques, considérés en masse, guérissent dans les sept huitièmes des cas le dé'ire général, et clans un peu plus de moitié des cas de délire partiel.

8° Sous le rapport des doses à administrer, l'opium, le chlorhydrate de mophine et le datura stramonium marchent à peu près sur la même ligne. Pour produire des effets curatifs, il faut donner la jusquiame et la belladone à des doses doubles, et la mandragore à des doses triples.

9° Les doses doivent être en général graduellement élevées jusqu'à ce qu'il survienne des phénomènes psychiques d'intoxication, car la guérison ou l'amélioration ne surviennent, en général, que sous l'influence de ces phénomènes. Dès qu'on voit le délire redoubler ou tendre à se généraliser, il faut alors suspendre l'emploi de la médication, sauf à y revenir ultérieurement, si l'inlluence favorable de l'intoxication n'a point eu lieu du premier coup.

10° Les phénomènes psychiques d'intoxication sont plus facilement produits par V opium, le chlorhydrate de morphine et le datura stramonium que par la jusquiame , la belladone et la mandragore ; et ceux que déterminent ces trois derniers narcotiques influent, moins que les premiers, sur la guérison ou l'amélioration plus ou moins durable (1).

Je vais essayer de suppléer par quelques courtes considérations géné-

(I) Pour ce qui regarde l'administration des opiacés, M. Michéa commence par 0,05 d'extrait gommeux d'opium, et en arrive progressivement à 1 décigramme. Le chlorhydrate de morphine, soit seul, soit mêlé aux aliments, peut être administré à 1 centigramme et être donné jusqu'à la dose de 8 ou 10 centigrammes.

Jusquiame. — On peut commencer avec 0,05 d'extrait de jusquiame en suspension dans du vin. Augmenter progressivement jusqu'à 1 décigramme.

Dalura stramonium. — M. Michéa commence par 0,05 par jour d'extrait, et va progressivement jusqu'à 2 décigrammes.

Belladone. — Débuter par 2 ou 3 centigrammes d'extrait de belladone. M. Michéa a été jusqu'à la dose énorme de 2 décigrammes et demi par jour, chez une daine de qua-

CONCLUSIONS TlIÉHAPliUTlQUES. 789

raies à ce qu'il m'est impossible de dire de spécial sur une foule d'autres médicaments, tels que la digitale, le musc, le castoréum, le quinquina, le camphre, qui tous ont eu leurs prôneurs et leurs détracteurs dans le traitement de la folie.

Les conclusions que je vais poser sont sans doute déjà formulées dans l'esprit de mes lecteurs. Ils se sont accoutumés à ne pas regarder la folie comme une maladie unique qui guérit au moyen de tel ou tel spécifique.

Le délire de l'aliénation étant l'expression symptomatique de désordres corporels variés, de troubles caractéristiques de l'innervation, de lésions cérébrales idiopathiques dans certaines circonstances, de troubles cérébraux sympathiques dans d'autres, il est de toute évidence que le médecin ne devra prescrire un traitement que lorsque tous les termes du problème éliologique auront été élucidés par lui.

En basant sa thérapeutique sur une idée théorique exclusive, le praticien court risque de se laisser entraîner par un empirisme aveugle, et de ne s'adresser qu'aux symptômes de l'aliénation, au lieu d'attaquer le mal à sa source. Le traitement des hallucinations nous en offre un exemple. . Quelques médecins, ayant expérimenté l'influence des narcotiques suites fonctions cérébrales, ont pu créer, pour ainsi dire à volonté, tes modifications les plus inattendues dans les fonctions du système nerveux, et déterminer les hallucinations les plus variées. Le datura, la belladone, la jusquiame, etc., produisent, on te sait, des vertiges, des troubles de la vue, de l'agitation, du délire, et chacun a pu essayer ces effets sur luimême. En examinant ces résultats, il était naturel d'arriver à la conception homœopathique de guérir par le procédé de l'intoxication les troubles sensoriaux maladifs.

Mais si la thérapeutique avait généralement une base aussi futile, l'étude approfondie des symptômes dans les maladies serait chose oiseuse et inutile, et tes nombreuses considérations dans lesquelles je suis entré pour rattacher en particulier les hallucinations à leur véritable origine seraient un tribut stérile levé sur le temps et la patience des lecteurs.

rante-deux ans, d'un tempérament nerveux, et qui avait été, dans sa jeunesse, en proie à une affection convulsive.

Mandragore. — Celte solanée est presque tombée en désuétude dans la thérapeutique des modernes. Les anciens la conseillaient beaucoup dans la mélancolie. M. Michéa paraît en avoir retiré un bon effet dans des cas de dépression mélancolique avec hallucinations. Il administre la poudre de racine fraîche en donnant 5 centigrammes par jour, et il n'a pas craint d'aller jusqu'à 4 décigrammes dans un jour. Le travail de M. le docteur Michéa contient une revue clinique très intéressante des malades chez lesquels la médication stupéfiante a eu un résultat favorable, et de ceux chez lesquels son action a été sans résultat.

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