FAIBLESSE. — INERTIE MUSCULAIRE CHEZ LES ALIÉNÉS
1er le sol à coups. redoublés, de se tordre les bras. Presque en même temps, madame *** éprouvait une grande constriction dans le pharynx, des secousses convulsives dans les muscles respiratoires, et la suffocation devenait imminente. Après une durée de cinq à six minutes, ces symptômes diminuaient progressivement d’intensité, comme ils s’étaient manifestés, et tout rentrait dans l’ordre liabitueL
» 2” madame^** est- tout à coup saisie de mouvements tumultueux du cœur, d’une constriction extrême de la poitrine, comme si les diamètres de cette cavité étaient tout à fait changés, et comme si une pression s’exerçait latéralement, d’avant en,.arrière, et même de bas en haut, avec un degré de plus dans la région du diaphragme. A ces symptômes, qui tous sont indicatifs d’un trouble de l’innervation, manifesté par des spasmes de plusieurs muscles, se joignent une riiodification de la voix, qui est comme éteinte dans certains moments, saccadée et sifflante dans d’autres, et de plus , un resserrement de l’arrière-bouche tel, qu’il est impossible à madame^* d’accomplir l’acte de la déglutition. Lorsque, par un effort, elle a cherché à faire franchir l’isthme du gosier au bol alimentaire, elle a éprouvé quelquefois des éternuments qui l’ont fait rejeter par la bouche et par les narines. Souvent cette malade sent des mouve-^ ments dans la matrice, et ces mouvements ajoutent à son anxiété morale, car ils lui persuadent qu’elle a de mauvaises intentions. Trois fois elle a éprouvé le mouvement dé contraction et de dilatation de la matrice, comme si ellè allait accoucher, le tout accompagné d’une sensation d’impulsion assez forte pour faire croire que le siège sur lequel elle était assise en recevait une secousse (1). » ' ^
Inertie :mujscùia.îre, faiblesse. — La prostration extrême de toutes tes forces musculaires peut être un symptôme propre à l’aliénation, et cette espèce dè résolution des mouvements volontaires, ainsi qu’on le remarque dans l’état désigné sous le nom de- stupidité, est souvent la suite de violents accès d’agitation. Toutefois il ne faut pas supposer que chez Y aliéné stupide il y ait toujours un relâchement des muscles, ainsi qu’on l’observe dans la faiblesse proprement dite et dans là paralysie. M. Guislain a noté avec beaucoup de justesse que chez bien des aliénés qui semblent se trouver dans un état de prostration, il y a tension musculaire. En prenant la main, le bras des malades, on éprouve une résistance spéciale, une certaine difficulté à étendre le membre.
- Au contraire, dans la période de convalescence, les malades êux-
(1) Pairet, ouvr. cü., p. 191 à 199 (7' leçon) , -Troubles de la sensibilité physique, des mouvemenls et des fondions organiques chez les aliénés, ■■