CHAPITRE PREMIER
DE LA FOLIE d’aPRÈS LES MÉDECINS DE l’ ANTIQUITÉ.
§ Ier. — Causes. Iiocalisation de la maladie.
Les idées des anciens touchant l’influence de la bile sur la manifestation de la folie pourraient nous faire hésiter sur la manière dont ils comprenaient l’étiologie de cette affection. Toutefois, si nous essayons de. renfermer dans ses justes limites l’action que la théorie humorale a pu exercer sur le remarquable esprit d’observation des anciens, nous verrons que cette action a été en définitive peu considérable. La direction si rationnelle imprimée à leur traitement n’en a pas reçu une atteinte irrémédiable, et la manière dont ils comprenaient l’intervention du cerveau dans la manifestation des actes délirants fait le plus grand honneur à la sagacité de leur esprit.
Pour ce qui regarde Hippocrate et les médecins de son siècle, on peut affirmer que, en dehors des doctrines soutenues par divers chefs d’école et par leurs disciples, la théorie humorale faisait partie des croyances popu-