‹ Traité des maladies mentalesChapitre 14 sur 306 · ALIÉNATION DANS L’ANTIQUITÉ. — HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

ALIÉNATION DANS L’ANTIQUITÉ. — HIPPOCRATE

laires. Dans le langage commun , l’idée qu’il était permis de se faire delà mélancolie ne se séparait pas de l’influence funeste exercée par toutes ces humeurs âcres qui troublent l'è feu et l’hurrnonie de nos fonctions. C’est à cette manière de voir que sacrifie le divin Platon lui-même, lorsque après avoir émis les considérations les plus élevées sur les rapports qui existent entre le corps et l’âme, ainsi que sur l’hygiène physique et morale qui leur est applieablëi si l’on veut conserver la santéj il dit néanmoins : « La tristesse vient dê l’inteftipérie dü cbPps, car elle éSt câuSée pâr üné pituite acre et par des humeurs bilieuses qui se répandent dans le corps, et qui, ne trouvant pas d’issue, obscurcissent l’âme de leurs vapeurs, troublent ses mouvements et lui causent de très graves maladies, mais différentes suivant les parties où elles se jettent (1). »

Pas plus que les autres médecins de l’antiquité, Hippocrate ne pouvait se soustraire à ce iàn|agè qui né préjugeait pas les opinions si saines, on pourrait dire si avancées, qui régnaient déjà à cette époque, et sur l’intervention de l’organisme dans la manifestation de la folie, et sur la variété des causes de l’ordre physique et de l’ordre moral qui peuvent troubler la raison.

Quel est en effet, d’après Hippocrate, l’organe qui préside aux actes intellectuels, et d’où dépendent les nombreuses manifestations morales chez l’homme, ainsi que ce phénomène étrange, si diversement interprété selon les temps et lès lieüx^ et qùè fon désigne sous le nom de folie? La réponse est claire, précise, catégorique : cet organe est le cerveau. Citons plutôt les pfôprës pàrôiêê du père dè îâ médecine ; « Î1 faut savoir que, d’une part, les plaisirs, les joies, les ris, les jeux ; d’autre part, les chagrins, les. peliies, les mécottlentetnents et lèé plaintes ne nous viennent que de là (le cerveau). C’est par là que nous pensons, comprenons, voyonsj entendons, que nous eonnaissons le laid et le bëâü, le mal et le bien, l’agréable et le désagréable.... C’est encore par là que nous sommes fous, ^üe nous dÛirMs-, qUè des cfàintes où dès terreurs bous âssiégèhtj soit là huit, soit après là vênUè dû jOîlr (2). >)

Et ee n’est pas seulement dans la folie proprement dite, dans lé délifé, que le eêrvêâU joué üë rôle important, c’est dails f épilepsie. C’est dans A' autres très ÿ'MndeS inal&diés, ainsi fliie s’exprime Hippocrate : « La Vé-

(1) Lés idéës dëüiinàntês dé Pépô^ê ètâîènt qüè Phôîiinlê était ’ürt èômpôsé déè quâtre éléments, du feu, de l’air, de la terre et de l’eau, ou, ce qui revient à la même chose, du froid-, du chaud, de Vhumde et du sec-, G’ést de la Juste proportion et du juste tempérament de ces quatre qualités que résulte la santé, etci {Doctrine de Platon, par Dacier.)

(2) Hippôcfâté,- béià màtâdiê sàcrèé, tfadüclioii par Littré. Paris, ISiÜ-

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