‹ Traité des maladies mentalesChapitre 150 sur 306 · SATYRIASIS. — NYMPHOMANIE · texte numérisé non relu

SATYRIASIS. — NYMPHOMANIE

soient en dehors de toute atteinte faite au système nerveux par des causes qui ont déterminé la folie.

J’ai rarement eu occasion d’observer la nymphomanie bien franche chez les aliénés. Je pourrais tout au plus, chez des milliers de femmes aliénées qui ont été soumises à ma direction médicale, relater six cas de nymphomanie extrême. Trois fois cette hideuse vésanie était due, chez des femmes âgées du reste, à des affections spéciales de l’utérus et des ovaires. Chez deux autres, j’ai constaté des affections de la peau. J’ai vu périr, dans le degré le plus extrême de la nymphomanie, une jeune femme mariée, âgée de trente ans, qui nous avait été amenée dans un état de délire aigu. L’autopsie n’a révélé aucun désordre spécial du côté de la matrice, mais la mère de cette malade avait été elle-même aliénée.

Quant au satyriasis tel qu’il est décrit par les auteurs, tel que, dans le Dictionnaire des sciences médicales, article Satyriasis, par Rony, on en voit un cas remarquable tiré des œuvres de Baldassar Timeus, j’avoue ne pouvoir fournir un fait de ce genre comme complication, ou comme symptôme de la folie. Ce n’est pas que chez les aliénés il ne se développe, à différentes périodes de leur affection, des tendances érotiques, mais ces tendances nesont pas permanentes et se modifient avec la marche de la maladie, ou n’apparaissent qu’à certaines époques périodiques. Il est vrai de dire que les débuts de l’aliénation mentale se signalent assez souvent par des appétits vénériens excessifs. C’est un symptôme d’une signification capitale chez les individus arrivés à l’âge mûr, et dont l’existence antérieure n’avait offert aucune anomalie de ce genre. J’ai vu une lubricité très grande se manifester chez des paralysés généraux dans k période de développement de leur maladie, aussi bien que chez des individus non réputés aliénés, mais sujets à une affection cérébrale idiopathique. L’intervention médicale est souvent alors chose délicate, mais elle devient indispensable dans l’intérêt de malheureuses femmes victimes des perversions vénériennes de leurs époux. Ces tendances maladives doivent, dans la généralité des cas, être étudiées comme symptôme d’une affection mentale très grave dans sa nature. Il est rare que l’on ne soit alors obligé de recourir à l’isolement dans une maison de santé.

Dans les diverses évolutions de la folie que nous observons chez les aliénés de nos asiles, il peut se produire dans les fonctions génésiques des troubles qui se montrent à des époques périodiques et disparaissent avec la cause qui les a déterminés. Chez les femmes aliénées, l’époque de la menstruation est parfois doublement critique. Il est des malades épileptiques, hystériques et autres soumis à des crises d’agitation périodique, et qui, avapt et pendant l’accès, se signalent par leurs tendances érotiques.

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