‹ Traité des maladies mentalesChapitre 241 sur 306 · COMPLICATIONS. — SAIGNÉES COPIEUSES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS. — SAIGNÉES COPIEUSES

tremblent. Vultueuse, rouge, violacée même, la face grimace par le frémissement prononcé de ses muscles ; les yeux roulent dans leur orbite; la peau, chaude et brûlante, s’humecte d’une sueur profuse, visqueuse, exhalant parfois une odeur alcoolique. La langue peut conserver sa fraîcheur naturelle ; elle est plus souvent desséchée sur ses bords, à sa surface, et couverte, de même que les lèvres, de croûtes fuligineuses. Communément la soif est vive, inextinguible, la respiration plus ou moins gênée. L’altération des traits indique une prostration profonde; quant au pouls, il est parfois accéléré et déprimé ; d’autres fois il contraste par son rhythme presque normal avec l’ensemble des sympfôines. » (Dela^ siauve, Bevue médicale, 30 avril 1852.)

Quand des situations pareilles se compliquent d’accès convulsifs, épileptiformes, de grincements de dents, de mouvements de diduction dans les mâchoires, et quelquefois d’une sorte de constriction tétanique qui fait que les malades brisent entre leurs dents les vases dans lesquels on leur donne à boire ; lorsqu’il y a turgescence dans les vaisseaux, et que l’on observe tous les symptômes qui accompagnent la congestion, il est incontestable, quels que soient les exemples malheureux cités par les auteurs, que la saignée est indiquée. J’ai vu des malades supporter, dans ces cas, des déperditions énormes de sang, et guérir (1). Je ne me contente pas de la saignée générale, et j’applique des sangsues derrière les oreilles d’une manière à peu près continue, et J’agis en même temps sur le tube intestinal par des boissons laxatives. On se gardera toutefois de porter un pronostic favorable dans des situations pareilles, alors même qu’ après les accidents les plus alarmants de la nature de ceux que je décris, il arriverait des périodes de rémittence avec retour à la raison. J’ai vu, au moment où l’on s’y attendait le moins, des malades redevenus plus calmes, être comme foudroyés par une nouvelle explosion de tous les symptômes propres à l’intoxication alcoolique : délire furieux, convulsions, hallucinations d’une nature terrifiante, et puis torpeur, anéantissement extrême, prostration suivie d’une terminaison fatale.

En présence de lésions peu considérables offertes par le cerveau dont les membranes, dans quelques cas de ce genre, étaient un peu plus

(1) Dans le répertoire des observations inédites des Annales, t. I, p. .510, M. le docteur Vinchon cite deux exemples très remarquables de guérisons obtenues dans ce cas. Il s’agit d’abord d’un homme de cinquante-cinq ans, tonnelier à l’Entrepôt, chez lequel la saignée n’eut jamais aucun inconvénient, quoiqu’on lui eût tiré parfois jusqu’à cinq à six palettes de sang. Des saignées copieuses avaient été aussi employées avec succès chez un limonadier âgé de quarante-quatre ans, et qui depuis quatorze ans ■ s’adonnait avec excès aux boissons alcooliques.

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