PÉRIENCÉPHALITE AIGUË A FORME INSIDIEUSE
consistent en ce que les malades se représentent des personnes et des choses qui ne sont point où leur imagination les leur fait voir ; mais ce symptôme manque entièrement dans plusieurs cas. Les progrès de cette maladie sont en général très rapides, et, dans quelques cas, elle détermine des convulsions et le coma ; mais le plus souvent elle devient fatale par l’extinction subite de la vie au plus haut degré de l’hyperstimulation sans état comateux. Le désordre principal que cette forme de méningite laisse après elle consiste en une injection vasculaire considérable de la pie-mère, quelquefois avec un léger épanchement entre cette membrane et l’arachnoïde (1). ».
M. Calmeil dit avec raison que beaucoup de médecins, ainsi que le fait remarquer Abercrombie, ne cherchent pas assez à se pénétrer de la nature des lésions matérielles qui sont susceptibles de donner lieu à de pareilles lésions fonctionnelles. Il suit de là, ajoute-t-il, qu’on fait admettre fréquemment dans les maisons de fous des malades que la pétulance de l’exaltation rend jusqu’à un certain point semblables à des aliénés, mais qui ne méritent aucunement néanmoins cette dernière qualification.
Plus d’une fois il m’est arrivé, dans les commencements de ma carrière médicale, de rattacher au délire de l’ivresse, à ce que nous appelions alors \?L manie essentielle on dynamique (2), des cas de délire qui tenaient à une nature réellement inflammatoire. L’erreur était d’autant plus facile à commettre, que les commémoratifs accusaient chez les malades un tempérament nerveux, mxe, grande irritabilité état habituel de dépression mélancolique, tous symptômes, d’après nous, d’une lésion dynamique du système nerveux dont il est le plus souvent impossible de constater à l’autopsie la nature pathologique. Il est vrai que dans quelques cas on trouvait, ainsi que le signale Abercrombie, une injection vasculaire de la pie-mère, et quelquefois aussi un léger épanchement entre cette membrane et l’arachnoïde; mais encore une fois on n’était pas porté à rapporter ces phénomènes pathologiques à leur véritable cause. Ultérieurement mon attention a été vivement frappée par les péripéties funestes d’une situation cérébrale que je ne pouvais rattacher, ni à V irritabilité, ni à la mélancolie préexistante, ni même à l’abus des liqueurs alcooliques. Je vais en citer un exemple récent.
Un homme m’est amené dans la force de l’âge (il a quarante-deux ans
(1) Des maladies de l’encéphale, traduction française par M. Gendrin, p. 84.
(2) L’erreur venait aussi de la fausse idée que nous nous formions de la manie, que l’école de cette époque était trop habituée à regarder comme une entité pathologique distincte, au lieu d’en faire le symptôme d’une maladie principale.