‹ Traité des maladies mentalesChapitre 298 sur 306 · MÉDICATION ANTIPHLOGISTIQUE · texte numérisé non relu

MÉDICATION ANTIPHLOGISTIQUE

dant un très long délai l’individu dont la circulation cérébrale a paru trop active aux règles d’un traitement hygiénique peu réparateur, et dont on ne lui permettra pas, autant que possible, de se jamais départir. S’il s’obstine à beaucoup manger, à vivre dans la mollesse, à faire usage d’aliments succulents, de vin capiteux, à boire avant et après ses repas un ou plusieurs verres de liqueurs chargées d’alcool, s’il néglige d’appliquer souvent des sangsues dans des endroits d’élection, à l’entrée des fosses nasales, aux tempes, sur les côtés de la nuque, à l’extrémité de l’anus, par exemple, il y a tout à parier qu’il succombera tôt ou tard à quelque fluxion sanguine des capillaires cérébraux. Plusieurs de ces malades sont frappés de congestion, soit à la fin d’un repas, où les vins et les spiritueux de toute sorte ont été prodigués, soit pendant l’acte vénérien.

)) Du moment que l’existence d’une violente congestion encéphalique nous est révélée par l’apparition subite de phénomènes comateux profonds, avec ou sans phénomènes convulsifs, c’est aux saignées générales copieuses, et plusieurs fois renouvelées, que nous devons avoir immédiatement recours. L’application de topiques irritants, et même de vésicatoires aux extrémités, complète, avec l’application de larges ventouses scarifiées sur les côtés du cou, l’aperçu du traitement auquel on doit donner tout d’abord la préférence, au début des attaques d’encéphalite temporaire ou des congestions cérébrales inflammatoires.

» Dans les cas où la perte de connaissance et les autres phénomènes graves, causés par la violence de l’afflux sanguin dans les capillaires encéphaliques, tendraient à persister pendant douze, vingt-quatre, trente heures et même au delà, on devrait conseiller l’application de nouvelles ventouses scarifiées à la nuque, l’application de vessies remplies de glace pilée sur la tète, l’usage des boissons émétisées, l’usage des lavements fortement purgatifs. On doit encore se tenir sur ses gardes, lors même que les individus naguère congestionnés ont commencé à recouvrer depuis quelque temps l’usage de leurs sens, à se servir de nouveau de leurs membres, à reprendre l’exercice de leurs facultés mentales, car l’explosion d’un délire plus ou moins complet, plus ou moins difficile à réprimer, succède très souvent alors, comme chacun sait, aux accidents de la période comateuse.

» Si l’on avait à lutter contre des phénomènes de ce dernier genre, qui seraient rendus plus inquiétants encore par la persistance d’une gêne manifeste dans l’exercice de la parole, on devrait insister plus que Jamais sur l’emploi des topiques réfrigérants appliqués sur le crâne, sur l’usage abondant des boissons émétisées ou nitrées, sur l’administration des lave-

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